Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Saïd Bergheul : UQAT - Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue
Les conséquences de l’immigration sur la paternité ont été très peu étudiées (Shimoni, 1991; Bergheul et al., 2018). La plupart des études sur l’immigration se concentrent sur les conséquences négatives de l’immigration sur les familles et sur le rôle parental. L’immigration est principalement perçue dans la littérature comme un facteur qui mine la capacité du père à exercer sa fonction paternelle (Berry et al., 1987; Espin, 1992; Bourgois, 1998; Roer-Strier, 2001; Bergheul et ramdé, 2022). Dans une approche plus optimiste, on trouve une perspective théorique générative ou résiliente qui rapporte le développement d’une relation parentale plus intime après l’immigration entre le père, sa conjointe et ses enfants (Strier et Roer-Strier, 2010; de Montigny et al., 2015; Gervais et al., 2015). Dans le cadre de cette communication, nous abordons les résultats d’une étude financée par le CRSH et qui a portée sur 38 pères immigrants de différentes origines. Les stratégies des pères immigrants sont décrites et analysées.
Si, pendant longtemps, les travaux sur le développement de l’enfant ont mis l’accent sur le rôle la de mère et de la figure maternelle, il est de plus en plus question de coparentalité et du rôle du père et de la figure paternelle. Toutefois, il convient de relever que les préoccupations liées à l’homme et à la paternité sont loin de répondre à un principe universel. En fait le type d’engagement, les perceptions du rôle de l’homme et le vécu de la paternité et de la masculinité varient dans le temps et dans l’espace. Les travaux montrent ainsi des différences, mais aussi des similitudes entre les fonctions masculines parmi les cultures et les groupes ethniques. Les valeurs des groupes culturels pourraient expliquer les perceptions différentes du rôle et de la fonction de l’homme (l’individualisme dans la plupart des sociétés occidentales, le collectivisme, la primauté de la famille sur l’individu dans les cultures asiatiques, africaines, etc.). Dans certaines communautés par exemple, les pères ne donnent pas de soins directs aux enfants, à cause de certaines croyances quant à la nature de l’enfant et aux conséquences de l’engagement paternel. Dans une société où le degré de collectivisme est élevé comme dans les sociétés africaines et d’Amérique latine, l’individu naît généralement dans une famille élargie ou un groupe qui le protégera en échange de sa loyauté. L’identité est fonction du groupe social d’appartenance. Par ailleurs, une étude réalisée auprès de familles provenant de plusieurs cultures (Amérique, Asie, Afrique) afin d’évaluer le niveau d’engagement des pères dans les jeux physiques avec leurs enfants montre que même les pays développés présentent de grandes différences entre eux en cette matière. Ce constat souligne l’importance d’en tenir compte dans la définition de la paternité et de la relation père-enfant, car les fonctions parentales sont intrinsèquement liées à la dimension culturelle dans laquelle elles se construisent puis s’exercent.
Titre du colloque :
Thème du colloque :