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L’organisation comme dialogue : Pour une sociopragmatique de la CCO

JK

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Jo Katambwe : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières

Résumé de la communication

L’organisation est constituée par la multiplicité proliférante (ni début ni fin) d’énoncés. Ces énoncés contiennent toujours des concepts/idées, et sont dans une lutte pour la survie (Taylor & Van Every, 2014, 2011) qui se résout dans les rapports de connivence par où ils se combinent avec d’autres énoncés du dehors comme du dedans.

La sociopragmatique est une perspective qui articule la thèse selon laquelle l’énonciation des idées ou leur expression dans un régime de signes est conditionnée par des présupposés implicites et des sous-entendus. Ces derniers vont faire émerger des agences de communication et des formes de synthèse ou d’agencement qui vont constituer l’organisation en fonction des rapports de voisinage entre les idées (Deleuze & Guattari, 1980). Elle considère la communication organisationnelle comme un vaste discours rapporté/indirect qui fait émerger des rapports dialogiques entre des éléments ou des énoncés de la chaîne d’agentivité que représente l’organisation.

Cette contribution poursuit quatre objectifs: 1) présenter cette perspective sociopragmatique et la manière dont elle dépeint le processus organisant comme un processus dialogique, 2) décrire le formalisme qui en découle, 3) proposer une typologie des formes d’organisation qui se déduisent du modèle sociopragmatique du dialogue au centre de cette perspective, 4) brosser une esquisse du type d’analyse dialogique permettant la description de l’organisation et l’identification des processus organisants.

Résumé du colloque

James R. Taylor, le fondateur de l’École de Montréal en communication organisationnelle, une école de pensée mondialement reconnue en sciences de la communication et en études organisationnelles, est décédé le 21 avril dernier à l’âge vénérable de 93 ans. Depuis la publication, en 1988, de son ouvrage intitulé Une organisation n’est qu’un tissu de communications, James Taylor n’avait cessé de mettre de l’avant la nécessité de penser les phénomènes organisés à partir d’une perspective résolument communicationnelle, c’est-à-dire d’une perspective centrée sur la manière dont les êtres humains coopèrent pour faire être et fonctionner des ensembles organisés. Alors que la communication était, jusque dans les années 1980, essentiellement pensée comme une diffusion d’informations (comment mieux communiquer les décisions et positions de l’entreprise à l’ensemble du personnel, au grand public, aux actionnaires, etc.), Taylor a proposé ni plus ni moins un changement de paradigme en montrant que la communication était, en fait, constitutive de tout phénomène organisé. Ce programme de recherche, qui fut rétrospectivement baptisé approche CCO (pour constitution communicationnelle de l’organisation), a depuis inspiré des personnes représentant les cinq continents. Toutes et tous tentent ainsi de montrer que la communication n’est pas simplement quelque chose qui se passe dans les organisations, mais que l’organisation elle-même est à trouver, en quelque sorte, dans la communication. Ce colloque propose ainsi de réunir les représentantes et représentants francophones de ce mouvement de pensée afin non seulement de rendre hommage à ce chercheur hors normes qu’était James R. Taylor, mais aussi d’explorer les développements futurs de cette perspective. En particulier, nous inviterons l’ensemble des participants à réhabiliter les phénomènes de diffusion, de propagation et de transmission qui ont peut-être été trop négligés par le mouvement CCO, pour des raisons finalement assez idéologiques. Au-delà des enjeux théoriques et analytiques qui seront explorés au cours de ce colloque, ce dernier a également l’ambition de creuser plus avant les conséquences pratiques du tournant paradigmatique opéré par James R. Taylor. Comme on le sait, quand le milieu des praticiens pense la communication, c’est généralement en termes de transmission d’informations, ce qui est, somme toute, normal et attendu. On ne compte plus, en effet, les « problèmes de communication » qui hantent toute organisation, que l’on parle d’entreprises, d’ONG ou d’administrations gouvernementales. En rejetant le paradigme de la transmission, qui prévalait dans les sciences organisationnelles jusque dans les années 1980, le mouvement CCO a certes pu innover en montrant tout ce qu’une perspective communicationnelle pouvait apporter à notre compréhension des phénomènes organisés, mais il a peut-être négligé la nécessité d’un dialogue avec le monde de la pratique, toujours très axé sur le paradigme diffusionnel.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
section icon Date : 12 mai 2023

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