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Catherine D'amours : UQAC-Université du Québec à Chicoutimi
Cette communication a pour objectif de partager ma plus récente recherche-créaiton sur la perte d’identité environnementale à travers une démarche auto-ethnographique située dans la création d’œuvres numériques. En tant que femme allochtone, mère d’un jeune enfant, je vis un sentiment profond de perte d’identité environnementale (Clayton et Opotow, 2003). Cette émotion, associée aux nombreuses manifestations de l'éco-anxiété a d'ailleurs été définie par le philosophe Glenn Albrecht avec son concept de solastalgie (Albrecht, 2019). Il décrit une sensation de profonde nostalgie face à un environnement qui a accusé plusieurs bouleversements, voire une indubitable dénaturation (Albrecht, 2019). En art, les préoccupations écologiques ont été problématisées par Louise Boisclair dans l’un de ses ouvrages, utilisant le terme écosphérique pour référer à toutes formes d’art reliées à la Terre et à la vie qui s’y trouve (Boisclair, 2021). Elle répertorie ainsi bon nombre d’artistes tels que Philippe Boissonnet, Lorella Abenavoli, Tomás Saraceno, Rafael Lozano-Hemmer, pour ne nommer que celleux-là, qui transposent leur engagement ou leurs émotions face à la perte de la biodiversité sous la forme de création. Dans le cadre de cette recherche-création, je m'interroge sur ce nouveau rapport à la nature et comment mon profil et mon identité particulière d'artiste-designer est transformé par la réalité environnementale actuelle. Pour mieux saisir cet identité environnementale en reconstruction et comment il peut impacter la création, j'ai opté pour une méthodologie auto-ethnographique afin de placer ma compréhension de la relation de l'humain et de son milieu au centre du projet. Selon l'approche prônée par Louise Schouwenberg et Michael Kaethler, cette méthodologie me permet non seulement d’observer les changements de modèles qui émergent de la rencontre et de la création, mais elle me permet aussi de consigner la transformation de mon identité environnementale au sein d’un journal de bord (Schouwenbert et Kaethler, 2021). Celui-ci établira le socle d'un récit de pratique qui permettra de saisir le fil narratif qui a mené à la conception d'œuvres numériques. En utilisant des archives photographiques personnelles, le machine learning et différents dispositifs interactifs, je tente de définir les nouveaux contours de mon identité environnementale.
Nous vivons dans un monde qui change. Ce changement est aujourd’hui sans précèdent, car il est rapide et s’accélère, touche tous les individus et leurs organisations – qu’elles soient sociales, culturelles ou économiques – et entraîne des ruptures par rapport à notre mode de vie antérieur. Ces ruptures sont les nouveaux enjeux de notre société selon le sociologue Hartmut Rosa. Cette période de changement est multi-systémique et complexe en raison de la diversité de ses composantes, de leurs interactions et de la limite des systèmes. Les conséquences sont doubles. Les premières sont négatives, car elles sont la source d’un mal-être aussi bien individuel – avec entre autres une désillusion ou une quête d’identité permanente – que sociétal du fait qu’il devient de plus en plus difficile de fixer un socle stable et solide de valeurs communes fédératrices. Cette situation conduit entre autres à des écarts sociaux et à une iniquité, tant culturels, éducationnels qu’économiques. Les secondes sont, à l’inverse, positives puisque cette période de changement est l’opportunité de revoir nos modes de fonctionnement, en repensant notre approche et notre rapport au monde.
De nouveaux modèles sont à inventer. De nouvelles perspectives à développer. Il nous faut retisser des liens, réencastrer les institutions, qui s'en sont peu à peu éloignées, à la société. Nous cherchons pour cela à observer les fondements, approches et pratiques de l'économie créative, dans l'objectif de contribuer à ce réencastrement et au mieux-être citoyen.
Dans cette optique, ce premier colloque vise à présenter les activités créatives dans les différents secteurs de l'économie créative (jeu vidéo, design, art, etc.) pour comprendre les dynamiques en place, tisser des liens entre domaines et entre disciplines, identifier les pratiques à même d'améliorer le mieux-être au Québec.
Titre du colloque :