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Yves Jubinville : UQAM - Université du Québec à Montréal
Au Québec, faute d’une institution nationale consacrée à la conservation et à la valorisation du patrimoine des arts vivants, la sélection des pratiques et des objets patrimoniaux dans ce domaine a été déterminée d’une façon organique par les acteurs eux- mêmes, mais également par les communautés et les milieux artistiques. Dans cette communication, nous examinerons quelques exemples illustrant la spécificité des processus patrimoniaux à l’œuvre dans le champs théâtral en particulier. Nous tenterons d’en saisir les enjeux au regard de la réalité complexe des objets et des pratiques en cause. Car le patrimoine du théâtre est en effet multiple. À la fois matériel (décors, costume, monument) et immatériel (codes de jeu, savoirs techniques), esthétique (conventions scéniques et dramatiques) mais également expérienciel (la sortie au théâtre), sa mise en patrimoine ne saurait ignorer la diversité des significations, des savoirs et des valeurs qui convoquent de la part des acteurs des formes de médiation capables de restituer dans le présent un passé fragmenté. Dans ces processus que nous chercherons de décrire et d’expliciter, une attention spéciale sera accordée à la phase cruciale de la commémoration, en partant de cas concrets récents, au Québec et ailleurs, qui montrent bien comment le patrimoine des arts vivants est l’objet de discours mobilisant des systèmes de justification hétérogènes.
En ce centième anniversaire de l’Acfas, un projet de colloque conjoint est organisé par l’Institut du patrimoine de l’UQAM, en collaboration avec le Réseau Patrimoines de l’Université du Québec (RéPUQ), sur le thème de la commémoration au cœur des patrimoines québécois. Cent ans de patrimoine culturel et naturel, mais également cent ans de recherches liées aux différents patrimoines matériels et immatériels qui alimentent et inspirent la communauté scientifique des chercheur·se·s d’ici, issus de divers domaines, tels que l’histoire, l’art, l’histoire de l’art, la muséologie, la musique, le théâtre, le cinéma, la littérature, l’architecture, l’éducation, l’archéologie, la géographie, l’environnement, l’océanographie, les sciences et les technologies, la gestion, le loisir, la culture, le tourisme, etc. De près ou de loin, les patrimoines sont imprégnés dans notre manière d’être et d’agir dans le quotidien, de même que dans nos rituels, valeurs, langues et sentiments d’appartenance au territoire qui témoignent de ce que nous sommes, soit de notre identité tant individuelle que collective, comme porteurs de traditions et d’héritages. Dans ce contexte, l’idée de commémoration s’impose, en souvenir de nos ancêtres, du chemin qu’ils ont parcouru, mais aussi de ce qui jonche nos découvertes et notre avancement comme société dans un monde sans cesse en mutation. Bref, ce colloque conjoint vise à tailler une brèche sur l’incidence du phénomène de la commémoration en lien avec les patrimoines dans le continuum scientifique du Québec; un lien pourtant évident, mais peu mis en lumière, le tenant jusqu’à maintenant pour acquis, en le considérant comme faisant partie de facto du « paysage culturel québécois ».
Titre du colloque :
Thème du colloque :