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Benoit Hurtel : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
La mesure et l’évaluation constituent une problématique abordée amplement abordée (Laveault, 2014 ; Vial, 2013). L’évaluation comparée à la mesure appelle à un regard critique sur certains aspects avec des questions issues de la pratique (Gremion, 2015). La mesure porte sur la dimension quantitative à des fins de sanction - bulletin de notes, examens (Fontaine et collab., 2020) alors que l’évaluation permet d’utiliser la dimension qualitative de l’acquisition des savoirs en proposant une progression évolutive des apprentissages vers la réussite. Grâce à Piaget (1970), on sait que l’on ne peut construire que sur du construit. (Guillemette et Luckerhoff 2016). Il s’agit ici d’un changement de paradigme où la transdisciplinarité contribue au changement de la position de l’enseignant (Gérard, 2013). Les résultats que nous présenterons mettront en lumière : 1) la question de la cohérence entre les apprentissages visés, les stratégies d’enseignement-apprentissage et l’évaluation selon des critères-indicateurs de réussite (Biggs, 2003; Wiggins et McTighe, 2006; Milgrom et collab., 2010); 2) l’importance axiologique d’une évaluation qui reconnait l’apprentissage et la progression de l’étudiant. On identifiera les formules d’évaluation qui soutiennent, au moyen d’un apprentissage transdisciplinaire, l’acquisition d’une pensée intégrative des savoirs (McGregor) favorisant la motivation et l’engagement de l’étudiant dans sa progression, jusqu’à l’excellence (Deci et Ryan, 2008).
Ce colloque vise à réunir des chercheur·se·s, des enseignant·e·s et des membres de la société concernés par la transdisciplinarité. Il présente l’étude sur la transdisciplinarité comme moteur et cadre porteur d’une évolution des savoirs où l’objet étudié coexiste et s’affine en même temps que le sujet (l’être humain) qui l’étudie, où le développement de la conscience et de l’intelligence humaine demeure primordial dans le contexte du développement accru et parallèle de l’intelligence artificielle, à laquelle les disciplines ne peuvent pas échapper (AUF, 2022). Le terme « savoirs » allie les savoirs proprement dits (connaissances), les savoir-faire (compétence) et les savoir-être (valeurs).
Proposée comme terme par Piaget en 1970, définie ensuite dans les années 1990 comme approche assise sur une triple fondation : logique, épistémologique et ontologique (Nicolescu), valorisée depuis 2000, notamment comme pratique de recherche-action par la promotion du Mode 2 de production de savoir (Gibbons et al.) et par l’intégration du concept de science post-normale (Jahn), la transdisciplinarité réalise un pont entre l’université et la société (industrie, gouvernements, ONG) afin de traiter des problèmes concrets issus du monde réel et non seulement des disciplines universitaires. Ainsi, la transdisciplinarité est devenue une véritable posture qui vise l’éducation tout comme elle vise l’économie, la société, l’éthique, les arts, la poésie et l’expérience intérieure (Kesteman).
La transdisciplinarité, « concerne, comme le préfixe “trans” l’indique, ce qui est à la fois entre les disciplines, à travers les différentes disciplines et au-delà de toute discipline ». Sa finalité est la résolution des problèmes complexes depuis une position « d’unité [du sujet et de l’objet dans] la connaissance » (Nicolescu).
De quelle manière la transdisciplinarité contribue-t-elle concrètement au changement de paradigme actuel ? En faisant évoluer les savoirs, comment la transdisciplinarité favorise-t-elle une éducation profonde qui concerne l’être humain au complet (McGregor) et quel est l’incidence d’une telle éducation sur le marché du travail ?
Nous tenterons de répondre à ces questions par un échange d’expériences et d’expertises acquises en recherche, en enseignement, en apprentissage, en création de programmes/formations transdisciplinaires ou en gouvernance, expériences provenant du milieu universitaire, mais aussi de la société. Les sciences humaines et sociales seront convoquées en association avec les sciences exactes et les sciences médicales.
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