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Gwendoline Lüthi : Indépendant
Le plaisir, le désir et l’érotisme sont des thématiques très peu abordées lorsqu’il est question de la sexualité des personnes en situation de handicap. Étant fréquemment la cible d’infantilisation et/ou d’invisibilisation, ces dernières ont peu accès à une éducation à la sexualité positive et inclusive qui reconnait leur agentivité sexuelle. Tel que soulevé par Campbell et ses collègues (2020), « le refus d'accepter et de valoriser la sexualité des personnes vivant avec un handicap est un problème de justice sociale aux conséquences considérables » (p. 363, traduction libre). Ancrée dans une posture intersectionnelle et sex-positive, cette présentation vise à proposer des pistes d’intervention en éducation à la sexualité pour les professionnel·le·s oeuvrant auprès des personnes en situation de handicap, interventions qui reconnaissent leur droit à la sexualité et au plaisir. Ces dernières seront présentées à travers une mise en situation inspirée de ma pratique professionnelle en relation d’aide.
Qu’est-ce que le plaisir sexuel ? Quels sont ses facteurs d’influence ? Comment les gens en font l’expérience ? Comment en discuter ? Comment le promouvoir sans verser dans l’injonctif ? Les médias et Internet véhiculent un alliage d’informations d’un point de vue autant spécialiste que profane, commercial et consumériste pour améliorer sa sexualité, ses relations et sa santé sexuelle. Or, parmi ces informations, peu traitent du plaisir, du désir et de l’excitation de manière réaliste, concrète et ancrée dans le vécu des gens (Kleinplatz, 2013). Sur le plan scientifique, bien que l’Organisation mondiale de la santé reconnaisse le plaisir sexuel comme composante importante de la santé sexuelle, force est de constater que très peu d’études s’y intéressent. En effet, le manque de recherches et de publications scientifiques portant sur les aspects gratifiants et agréables du potentiel érotique humain est documenté, et cette tendance semble se maintenir dans le temps. Comme le mentionnent Tolman, Bowman et Fahs (2014), « ironiquement, les recherches sur la sexualité s’intéressent peu au sexe; ce que les gens font, pensent et ressentent lorsqu’ils expriment un ressenti sexuel ou utilisent leurs corps de façon sexuelle sont très rares » (p. 760, traduction libre). Plus récemment, Jones (2018) note l’absence du plaisir sexuel comme sujet d’étude empirique; la majorité des articles publiés sur la sexualité humaine s’inscrivent dans une vision déficitaire, pathologique, médicalisante et axée sur les risques et la victimisation sexuelle. Devant ces constats, le but de ce colloque est de rassembler chercheur·se·s, clinicien·ne·s, groupes communautaires, théoricien·ne·s et personnes étudiantes qui travaillent à diverses facettes du plaisir sexuel, et de discuter d’avenues de collaborations et de recherches ultérieures innovantes sur cet aspect crucial de la santé sexuelle.
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