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Elaine Turgeon : UQAM - Université du Québec à Montréal
Chaque année, des prix viennent souligner la qualité des albums jeunesse québécois. Ils sont notamment décernés par des libraires (Prix jeunesse des libraires du Qc), par des médiateurs (Prix TD et Prix Harry-Black) ou encore par des pairs (Prix du Gouverneur général). Ces albums profitent donc d’une certaine visibilité et deviennent des valeurs sûres pour les médiateurs (enseignants, parents, bibliothécaires). Mais de qui parlent ces livres ? Racontent-ils les histoires de tous les enfants ? Malheureusement, plusieurs études anglo-saxonnes ont montré que le personnage masculin blanc était encore surreprésenté dans la littérature jeunesse (Adukia et al. 2021 ; Bruijn et al., 2021 et Crisp et al., 2016). Hormis l’étude de Dionne (2014), il n’existe pas de données concernant la production des albums québécois. L’intention de cette communication est de présenter les résultats d’un projet-pilote dont l’objectif était de développer et de piloter une grille d’analyse afin de documenter la présence relative des personnages appartenant à des groupes issus de la diversité (diversité ethnique, de genre, d’orientation sexuelle, fonctionnelle et corporelle). Dans le cadre de celui-ci, en nous appuyant à la fois sur le texte et les illustrations, nous avons analysé un corpus de 20 albums récipiendaires de prix, au cours des 5 dernières années, ce qui nous a permis de documenter l’importance de la représentation des différents types de diversité portée par les personnages.
Depuis quelques années, en observant certaines initiatives professionnelles, il semble y avoir un désir de faire valoir l’utilisation des livres jeunesse à l’école et une envie de la part des enseignants de s’y engager. Ce constat, couplé à des recherches récentes traitant des pratiques enseignantes avec les livres jeunesse (Cuerrier, 2020), développant des outils pour favoriser l’utilisation de ces livres en classe (Desrochers, 2021) ou documentant les œuvres disponibles pour les élèves (Turgeon, Charron et McKinley, 2021), nous amène à vouloir valoriser les recherches qui s’intéressent aux livres jeunesse à l’école, et ce, selon trois questions simples : « Pourquoi? », « Comment? » et « Quoi? ». Celles-ci permettent d’observer les livres jeunesse selon différentes perspectives théoriques et méthodologiques.
En effet, certains s’intéressent au « pourquoi », donc aux raisons d’utiliser les livres jeunesse, comme recourir à des œuvres pour permettre aux élèves de différentes communautés culturelles de s’identifier (Botelho et Rudman, 2009). Cela permet de saisir le pouvoir des livres jeunesse quant à l’aspect participation de la lecture littéraire (Dufays, 2011), mais aussi à mieux connaître les autres et soi-même (Nikolajeva, 2014). D’autres s’intéressent au « comment », avec le développement de séquences didactiques pour l’appropriation de contenus scolaires, en grammaire (Thibault et Lacasse, 2019) ou en mathématiques (Desharnais, 2018). Les livres jeunesse permettent ici aux élèves de comprendre le monde qui les entoure (Nikolajeva, 2014). Enfin, d’autres traitent de l’objet-livre : le « quoi ». Certains peuvent analyser le contenu avec le système de personnages (Brisson, 2021), alors que d’autres peuvent s’attarder à la forme, comme aux effets typographiques (Duvin-Parmentier, 2018). Ces analyses permettent de couvrir l’aspect distanciation de la lecture littéraire (Dufays, 2011). Ces exemples servent à illustrer différents aspects de l’étude du livre jeunesse.
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