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Yann Allard-Tremblay : Université McGill
Dans le cadre de cette présentation, nous considérons l’Anthropocène d’un point de vue qui se fonde sur les pensées autochtones, plus précisément celles des Premières Nations au Canada et aux États-Unis. Nous explorons la connexion étroite entre la souveraineté revendiquée par l’ordre politique des colons, la maitrise et la possession de la nature, et la Modernité/Colonialité. Cette connexion permet de mieux diagnostiquer l’Anthropocène et donc d’envisager des manières d’agir autrement qui ont le potentiel de remédier la dévastation écologique qui y est associée. Plus spécifiquement, nous explorons le rapport entre Hôtes et Invités discutés par plusieurs auteurs autochtones afin d’envisager des manières d’entrer en relations, l’un avec l’autre, avec les autres-qu’humains et avec le territoire, qui ne reposent pas sur un rapport souverain de maîtrise et de possession. Notamment, nous présentons le mouvement ‘Land Back’ comme une manière pratique et concrète de contrecarrer la souveraineté coloniale qui, par le fait même, permet de revitaliser et de renouveler un rapport de responsabilité et de réciprocité avec le reste de la Création.
Inondations, vagues de chaleur, feux dévastateurs, ouragans plus fréquents et plus puissants, fontes des glaciers – les dérèglements climatiques et leurs conséquences dramatiques prennent de plus en plus de place dans l’actualité tandis que l’érosion de la biodiversité et la déstabilisation des cycles de l’azote ou du phosphore se poursuivent à bas bruit. Chaque fois, les activités humaines se révèlent être l’un des principaux moteurs de ces bouleversements sans précédent. Or, depuis plusieurs années maintenant, la notion d’Anthropocène s’est imposée, dans les médias comme dans le champ scientifique, pour rendre compte de cette époque nouvelle qui est la nôtre et qui se caractérise par l’impact de plus en plus visible des activités humaines sur la surface planétaire. Ce concept, popularisé au tournant du siècle par le chimiste Paul Crutzen et le biologiste Eugene Stoermer, suscite pourtant de nombreux débats, que ce soit quant à sa définition exacte, son point de départ, ses enjeux sociaux et politiques, ou son utilisation à l’extérieur des cercles universitaires. S’il n’est pas encore validé par les géologues en charge de qualifier les unités chronostratigraphiques pouvant être identifiées dans les couches sédimentaires, il est déjà fortement remis en question, en particulier du côté des sciences humaines et sociales, du fait de sa nature trop imprécise et de sa visée trop apolitique. Des voix s’élèvent ainsi déjà pour annoncer l’obsolescence programmée de ce concept. C’est dans ce contexte que nous nous proposons de réunir des chercheur·e·s francophones de différents champs disciplinaires (géographie, anthropologie, biologie, philosophie, histoire), tant celles et ceux qui portent un regard critique sur le concept d’Anthropocène que celles et ceux qui en étudient les diverses manifestations, afin de réfléchir, collectivement, à la pertinence, aux limites, aux enjeux, voire même au possible dépassement du concept, essentiellement interdisciplinaire, d’Anthropocène.
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