pen icon Colloque
quote

Pratiques éco féministes en contexte urbain : Comment les projets d’agricultures urbaines participent au processus de reconfiguration des expériences urbaines féminines à Mexico?

JI

Membre a labase

Julia Islas : Université de Montréal

Résumé de la communication

Les théories écoféministes dénoncent un système capitaliste informé par des idéologies patriarcales et extractives qui ne cessent d’opprimer les femmes et d’exploiter la nature. Cela ce fait davantage ressentir dans nos centres urbains qui empiètent sur la nature et constituent des espaces hostiles pour les femmes et autres minorités. De par mon origine mexicaine et mon grand attachement auprès de ce pays, j’ai voulu orienter ma recherche au contexte mexicain, où les 10 000 km de routes et de rues de la capitale dans lesquelles circulent chaque jour plusieurs millions de véhicules menacent la ville d’asphyxie et où les enquêtes traitant sur les violences de genre au sein de l’espace public mettent à jour une vulnérabilité urbaine typiquement féminine. Dans le but d’urbaniser les théories écoféministes qui sont encore largement mobilisées dans des recherches qui portent une attention particulière aux contextes ruraux, je me suis concentrée sur les projets d’agriculture urbaine qui s’avèrent être un engagement typiquement féminin. Ma recherche essaye de mettre en lumière à travers l’étude de cas du potager urbain Tlatelolco à Mexico comment les femmes à travers leur engagement écologique, deviennent d’une part leaders dans la lutte contre la crise climatique et d’autre part comment elles sont en mesure de construire des espaces libres de violence constituant ainsi de véritables outils de construction de la ville, dans lesquels les femmes semblent avoir toute leur place.

Résumé du colloque

Si l’écoféminisme gagne en popularité au sein des sciences sociales, peu de recherches en études urbaines présentent une telle perspective. Pourtant les propositions théoriques et analytiques des écoféminismes offrent des clés de lecture pertinentes afin de se pencher sur les enjeux urbains de notre siècle.

Plus qu’un simple mouvement de protection environnemental porté par des femmes, les écoféminismes recoupent une série de luttes, concepts, théories, éthiques et pratiques favorisant l’émancipation conjointe des femmes et de la nature de la domination masculine. Dans l’imaginaire collectif, l’écoféminisme est généralement associé à des mouvements de luttes socioterritoriales portées par des femmes racisées ou autochtones dans des zones d’extraction de ressources naturelles et où les violations de la Terre-Mère vont de pair avec des violences genrées. Peu d’attention est portée aux multiples manières dont les citadines ont des affiliations avec ces luttes et se mobilisent quotidiennement autour de revendications ou pratiques écoféministes.

Les écologies politiques urbaines ne se sont, quant à elles, que peu intéressées au genre. Insistant sur la ville comme espaces d’inégalités, elles ont laissé dans l’ombre l’agentivité des groupes marginalisés à s’approprier l’espace et à créer les leurs, ainsi que tout un pan des activités humaines relatif à la reproduction sociale, aux émotions et à la corporalité.

En valorisant une compréhension relationnelle de l’espace et encourageant l’adoption d’une approche intersectionnelle et multiscalaire, une perspective écoféministe des urbanités éclaire ces angles morts et ouvre la voie à l’enrichissement tant des théories que des recherches empiriques en milieu urbain. Se pencher sur les manières dont les écoféminismes nous révèlent et nous racontent une autre histoire de la ville, et de la toile de relations multiples et complexes qui s’y tissent au quotidien, s’avère dès lors non seulement intéressant, mais nécessaire.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
Discutant-e- de la session : Hélène Madénian
section icon Date : 12 mai 2023

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :