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Processus féraux et frictions au cœur des infrastructures du capital : pour une approche anthropologique de l’Anthropocène

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Nicolas Petel-Rochette : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

En tant que schéma de réflexivité, la notion d’Anthropocène n’est pas si nouvelle qu’on pourrait le penser. La singularité du débat qu’elle a suscité relève plutôt des enjeux de justice sociale qui accompagnent la description de l’espèce humaine en tant qu’agent géohistorique (Chakrabarty, 2009). Cette communication se propose de prendre ces questionnements pour point de départ afin de problématiser la question éthique et politique qui traverse les approches analytiques de l’Anthropocène. Comment ancrer empiriquement une analyse située de l’Anthropocène ? Comment éviter que nos analyses tendent à faire du regard sur notre époque un « panoptique climatique » (Devictor, 2018)? Comment, en d’autres mots, abandonner la globalité comme lieu d’ancrage des réflexions entourant l’Anthropocène (Latour, 2015)? Pour étayer ces questionnements, la communication partira de considérations sur un objet précis : ce qu’Anna Tsing et quelques collègues (Tsing et al., 2021) ont appelé récemment « l’atlas féral ». Elle visera ainsi à proposer un mode situé d’approche méthodologique et épistémologique de l’Anthropocène dont les conditions préobjectivantes soient pensées comme convoyant nécessairement une charge éthique.

Résumé du colloque

Inondations, vagues de chaleur, feux dévastateurs, ouragans plus fréquents et plus puissants, fontes des glaciers – les dérèglements climatiques et leurs conséquences dramatiques prennent de plus en plus de place dans l’actualité tandis que l’érosion de la biodiversité et la déstabilisation des cycles de l’azote ou du phosphore se poursuivent à bas bruit. Chaque fois, les activités humaines se révèlent être l’un des principaux moteurs de ces bouleversements sans précédent. Or, depuis plusieurs années maintenant, la notion d’Anthropocène s’est imposée, dans les médias comme dans le champ scientifique, pour rendre compte de cette époque nouvelle qui est la nôtre et qui se caractérise par l’impact de plus en plus visible des activités humaines sur la surface planétaire. Ce concept, popularisé au tournant du siècle par le chimiste Paul Crutzen et le biologiste Eugene Stoermer, suscite pourtant de nombreux débats, que ce soit quant à sa définition exacte, son point de départ, ses enjeux sociaux et politiques, ou son utilisation à l’extérieur des cercles universitaires. S’il n’est pas encore validé par les géologues en charge de qualifier les unités chronostratigraphiques pouvant être identifiées dans les couches sédimentaires, il est déjà fortement remis en question, en particulier du côté des sciences humaines et sociales, du fait de sa nature trop imprécise et de sa visée trop apolitique. Des voix s’élèvent ainsi déjà pour annoncer l’obsolescence programmée de ce concept. C’est dans ce contexte que nous nous proposons de réunir des chercheur·e·s francophones de différents champs disciplinaires (géographie, anthropologie, biologie, philosophie, histoire), tant celles et ceux qui portent un regard critique sur le concept d’Anthropocène que celles et ceux qui en étudient les diverses manifestations, afin de réfléchir, collectivement, à la pertinence, aux limites, aux enjeux, voire même au possible dépassement du concept, essentiellement interdisciplinaire, d’Anthropocène.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
news icon Thème du colloque :
L’Anthropocène, et après?
section icon Date : 12 mai 2023

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Titre du colloque :

L’Anthropocène, et après?

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Thème du colloque :

L’Anthropocène, et après?