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Charles-Antoine Thibeault : Université de Montréal
Il est fréquemment rapporté qu'il existe diverses barrières à l'accès aux soins médicaux d'affirmation de genre (SMAG): notamment l'absence de support parental (Clark et al., 2020), la distance, l'absence de connaissances des pourvoyeurs de soins ou encore l'absence de support social (Taylor et al., 2020). Alors que ces études nous offrent un portrait peu réjouissant de l'accès aux SMAG pour les jeunes TNB, elles n'offrent que peu d'informations quant aux facteurs influençant les décisions des jeunes TNB et de leur famille dans les processus décisionnels auxquels font face les parents et enfants TNB à l'approche de la puberté.
Afin de répondre à ce besoin, une équipe de chercheurs a conduit des entrevues semi-structurées dans 6 pays (Canada, Suisse, Angleterre, Australie, Inde et États-Unis) afin d'en savoir plus sur l'impact du processus de recherche de SMAG sur le bien-être des enfants TNB de 8-14 ans et leur famille. Les résultats préliminaires de cette étude permettent de dresser un portrait des facteurs qui influencent les décisions médicales et le bien-être des familles canadiennes et australiennes. Nous présenterons d'abord les facteurs influençant le processus décisionnel des familles (peur des procédures médicales, préservation de la fertilité, importance de la dysphorie, barrières à l'accès, et recommandations médicales), puis aborderons l'impact de l'accès, d'un refus d'accès, ou d'un délai d'accès, sur le bien-être des jeunes TNB et de leur famille.
Depuis une dizaine d’années, les jeunes trans et non binaires (TNB) sont de plus en plus visibles au Québec, autant dans les médias, les politiques d’organismes qui les desservent que dans la société civile. En 2016, le Code civil et la Charte des droits et libertés de la personne ont été modifiés, notamment pour permettre aux mineurs trans d’obtenir un changement de la mention de sexe sur l’acte de naissance et protéger explicitement l’identité de genre contre les discriminations. En 2017, c’était au tour du gouvernement fédéral de légiférer en ajoutant des dispositions et aussi dans le Code criminel et dans la Charte canadienne des droits et libertés afin de mieux protéger l’identité et l’expression de genre. Depuis juin 2022, il est maintenant possible de demander la mention X sur les documents officiels. Ainsi, les jeunes trans sont non seulement plus visibles, mais aussi mieux protégé·e·s légalement. Cela dit, les situations d’exclusion, de violence et de non-reconnaissance perdurent, et les jeunes TNB continuent à vivre des situations d’adversité qui compromettent leur bien-être et leur inclusion.
C’est d’autant plus vrai pour les jeunes TNB qui se retrouvent à l’intersection de différents groupes historiquement marginalisés, qu’il soit question de jeunes migrant·e·s, racisé·e·s, autochtones, neurodivergent·e·s, en situation de handicap, etc. En effet, les situations d’oppression ne feraient pas que s’additionner, mais s’accumuleraient de manière exponentielle.
Comment les nouvelles connaissances dont nous disposons s’adaptent-elles aux jeunes TNB vivant à l’intersection de multiples dimensions sociales ? Comment assurer que la recherche répond réellement aux besoins des jeunes trans et non binaires, et à leurs communautés, particulièrement celles qui se retrouvent aux croisements de différentes identités sociales ? Quelles interventions s’avèrent les meilleures pour soutenir les jeunes TNB et faciliter le développement de leur résilience ?
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