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Anne-Sophie Gousse-Lessard : UQAM - Université du Québec à Montréal
Au Québec, la mobilité a principalement été étudiée depuis les disciplines de l’ingénierie des transports et de l’urbanisme. Il semble toutefois que ces approches ne soient pas suffisantes pour comprendre notre dépendance à l'auto solo et mener aux transformations ambitieuses et radicales que les bouleversements environnementaux nous commandent.
La conférence présentera les résultats d’un projet de recherche mandaté par la Ville de Montréal. Un devis mixte combinant des ateliers de discussion citoyens et un questionnaire fut mis sur pied afin de mieux comprendre les facteurs expliquant la possession et l’usage individuel de la voiture.
Dans la première démarche, les données collectées lors des groupes de discussion sont utilisées pour effectuer une segmentation exploratoire par modélisation afin de mieux comprendre les facteurs psychosociaux qui, combinés aux facteurs d’ordre structurel, peuvent expliquer les préférences de mobilité. Dans une démarche parallèle, les données de l’enquête auprès de la population montréalaise (n = 2185) sont utilisées pour modéliser les choix conjoints de possession automobile et d’abonnement à l’autopartage avec incorporation des attitudes via une modélisation de choix discrets avec classes latentes. Ce type d’approche de segmentation psychographique nous semble un outil pertinent qui, combiné à des considérations d’ordre structurel, pourrait informer et guider l’action publique vers des villes plus résilientes.
L’objectif de carboneutralité à l’horizon 2050 adopté par le Canada implique une transformation en profondeur de son système énergétique. Qu’il s’agisse de la production, du transport, du stockage ou de l’utilisation de l’énergie sous toutes ses facettes, l’ensemble des éléments du système énergétique doit être repensé. La complexité ainsi que l’ampleur des coûts et des choix nécessaires pour réussir cette transformation, de même que l’échéancier serré qui y est associé, nécessitent une analyse en profondeur afin de limiter les erreurs. Ce besoin est encore plus grand si l’on veut s’assurer que les investissements et les efforts qui y seront consentis permettront de progresser tant sur le plan énergétique que sur d’autres enjeux de société.
Dans ce contexte, la modélisation peut s’avérer un outil puissant pour explorer ces choix. Toutefois, si les modèles énergétiques et sectoriaux développés au cours des dernières décennies réussissent à évaluer avec une certaine précision l’impact des modifications à la marge du système énergétique actuel, la plupart de ceux-ci, qu’ils soient techniques, économiques ou sociaux, ne sont pas développés pour projeter correctement les diverses trajectoires de décarbonation profondes que l’on peut vouloir tester.
Ainsi, les modèles économiques et technico-économiques s’appuient sur des paramètres historiques dont la pertinence doit être remise en doute devant l’ampleur et le rythme des transformations. De plus, les modèles sectoriels, que ce soit en transport, en bâtiment ou pour des industries particulières, ciblent davantage la livraison du service que la transition énergétique. Finalement, ces modèles peinent à intégrer les changements de comportements, les rapports sociaux et autres enjeux extérieurs au système énergétique, bien qu’ils soient tout aussi déterminants pour celui-ci.
Ce colloque, organisé conjointement par le tout nouveau Carrefour de modélisation énergétique et l’Institut de l’énergie Trottier, vise à rassembler des chercheurs en sciences pures et appliquées, en sciences sociales et en économie pour discuter des enjeux liés au développement des modèles nécessaires pour accompagner le Canada vers la carboneutralité et élaborer des pistes pour avancer rapidement vers des solutions applicables, venant en appui aux décideurs.
Titre du colloque :