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Relations interespèces à Montréal

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Gabrielle Perras St-Jean : INRS - Institut national de la recherche scientifique

Résumé de la communication

Les épistémologies écoféministes permettent de penser différemment les relations entre les humain.e.s et les autres animaux. En se détachant de la perspective strictement anthropocentrée héritée de la philosophie moderne, elles permettent de s’extraire de rapports fondés sur la domination et de discerner d’autres manières de coexister. De plus, contrairement aux postures antispécistes utilitaristes ou abolitionnistes (centrées sur les droits des animaux), les éthiques écoféministes tiennent généralement compte de la dimension émotionnelle et des affects impliqués dans les relations humain.e.s-animaux.

À travers le cas des initiatives citoyennes de soins aux animaux urbains à Montréal, cette communication s’attèle à exposer comment les théories écoféministes du care interespèces fournissent un regard éclairant sur des formes de relations méconnues et dévalorisées. Basés sur une recherche doctorale en cours, les résultats préliminaires présentés exposeront les caractéristiques de ces relations et viseront à montrer en quoi les perspectives écoféministes permettent d’enrichir les interprétations que l’on en fait, notamment en remettant en question les stéréotypes de genre associés aux pratiques de soins aux animaux.

Résumé du colloque

Si l’écoféminisme gagne en popularité au sein des sciences sociales, peu de recherches en études urbaines présentent une telle perspective. Pourtant les propositions théoriques et analytiques des écoféminismes offrent des clés de lecture pertinentes afin de se pencher sur les enjeux urbains de notre siècle.

Plus qu’un simple mouvement de protection environnemental porté par des femmes, les écoféminismes recoupent une série de luttes, concepts, théories, éthiques et pratiques favorisant l’émancipation conjointe des femmes et de la nature de la domination masculine. Dans l’imaginaire collectif, l’écoféminisme est généralement associé à des mouvements de luttes socioterritoriales portées par des femmes racisées ou autochtones dans des zones d’extraction de ressources naturelles et où les violations de la Terre-Mère vont de pair avec des violences genrées. Peu d’attention est portée aux multiples manières dont les citadines ont des affiliations avec ces luttes et se mobilisent quotidiennement autour de revendications ou pratiques écoféministes.

Les écologies politiques urbaines ne se sont, quant à elles, que peu intéressées au genre. Insistant sur la ville comme espaces d’inégalités, elles ont laissé dans l’ombre l’agentivité des groupes marginalisés à s’approprier l’espace et à créer les leurs, ainsi que tout un pan des activités humaines relatif à la reproduction sociale, aux émotions et à la corporalité.

En valorisant une compréhension relationnelle de l’espace et encourageant l’adoption d’une approche intersectionnelle et multiscalaire, une perspective écoféministe des urbanités éclaire ces angles morts et ouvre la voie à l’enrichissement tant des théories que des recherches empiriques en milieu urbain. Se pencher sur les manières dont les écoféminismes nous révèlent et nous racontent une autre histoire de la ville, et de la toile de relations multiples et complexes qui s’y tissent au quotidien, s’avère dès lors non seulement intéressant, mais nécessaire.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
Discutant-e- de la session : Naomie Léonard
section icon Date : 12 mai 2023

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