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Renouer les liens avec le vivant : repenser la place de l’humain dans l’anthropocène

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Ingrid Hall : Université de Montréal

Résumé de la communication

En ethnologie, la question de l’anthropocène est souvent abordée en mettant en avant la dimension ontologique du phénomène. En effet, l’exploitation abusive des ressources naturelles apparaît comme la résultante d’une rupture ontologique entre l’humain et la nature, laquelle serait un produit historique culturellement situé (Descola 2005). L’humain, se croyant supérieur, a ainsi considéré que les ressources naturelles étaient autant de ressources inertes à sa disposition (Bonneuil 2019). Réformer cette conception, adopter une conception moins anthropocentrée de la nature, apparaît dons ce contexte comme une prémisse à invalider. Pour cela, Kohn (2015) propose de faire de l’anthropologie « au-delà de l’humain » tandis qu’Haraway (2015) nous exhorte à renouer des liens avec les non-humains ou autres qu’humains (Make kins). Nous proposons ici de réfléchir à ce qu’apportent ces travaux, et notamment à ce qu’une telle proposition implique pour refonder l’écologie politique, comme nous y invitent Stengers (2005) et Latour (1991, 2007).

Résumé du colloque

Inondations, vagues de chaleur, feux dévastateurs, ouragans plus fréquents et plus puissants, fontes des glaciers – les dérèglements climatiques et leurs conséquences dramatiques prennent de plus en plus de place dans l’actualité tandis que l’érosion de la biodiversité et la déstabilisation des cycles de l’azote ou du phosphore se poursuivent à bas bruit. Chaque fois, les activités humaines se révèlent être l’un des principaux moteurs de ces bouleversements sans précédent. Or, depuis plusieurs années maintenant, la notion d’Anthropocène s’est imposée, dans les médias comme dans le champ scientifique, pour rendre compte de cette époque nouvelle qui est la nôtre et qui se caractérise par l’impact de plus en plus visible des activités humaines sur la surface planétaire. Ce concept, popularisé au tournant du siècle par le chimiste Paul Crutzen et le biologiste Eugene Stoermer, suscite pourtant de nombreux débats, que ce soit quant à sa définition exacte, son point de départ, ses enjeux sociaux et politiques, ou son utilisation à l’extérieur des cercles universitaires. S’il n’est pas encore validé par les géologues en charge de qualifier les unités chronostratigraphiques pouvant être identifiées dans les couches sédimentaires, il est déjà fortement remis en question, en particulier du côté des sciences humaines et sociales, du fait de sa nature trop imprécise et de sa visée trop apolitique. Des voix s’élèvent ainsi déjà pour annoncer l’obsolescence programmée de ce concept. C’est dans ce contexte que nous nous proposons de réunir des chercheur·e·s francophones de différents champs disciplinaires (géographie, anthropologie, biologie, philosophie, histoire), tant celles et ceux qui portent un regard critique sur le concept d’Anthropocène que celles et ceux qui en étudient les diverses manifestations, afin de réfléchir, collectivement, à la pertinence, aux limites, aux enjeux, voire même au possible dépassement du concept, essentiellement interdisciplinaire, d’Anthropocène.

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
news icon Thème du colloque :
L’Anthropocène, et après?
section icon Date : 12 mai 2023

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Titre du colloque :

L’Anthropocène, et après?

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Thème du colloque :

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