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Représenter la préservation de la fertilité chez les jeunes trans et non-binaires : analyse de mèmes au prisme de la justice transreproductive

KL

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Kévin Lavoie : Université Laval

Résumé de la communication

Dans le cadre de cette communication, nous présentons les résultats d’une étude qualitative sur la préservation de la fertilité chez les jeunes trans et non-binaires (TNB) au Québec. Quinze jeunes de 12 à 23 ans ont participé à la recherche. La méthode de recherche participative « photovoix » (photovoice) a été préconisée pour recueillir leur parole, et ce, à travers deux outils de collecte de données, soit la photographie et le récit narratif. D’abord, les jeunes étaient invité·es à représenter leur point de vue sur la préservation de la fertilité en proposant un mème, soit un assemblage (souvent ironique) de quatre images pour chacun des énoncés suivants : 1) « ce que moi, j’en pense [de la préservation de la fertilité] »; 2) « ce que mes parents en pensent » ; 3) « ce que les professionnel·les de la santé en pensent » et 4) « ce que la société en pense ». Ensuite, des questions leur étaient posées lors d’un entretien individuel pour mieux comprendre leur démarche ayant mené à la création et à la sélection de ces images, et cerner par le fait même leurs représentations de la conservation des gamètes comme moyen d’accéder à la parenté biologique. Ancrée dans une perspective de justice transreproductive, l’analyse des mèmes permet de dégager les aspirations individuelles des jeunes face à la préservation de la fertilité, mais aussi les enjeux familiaux, organisationnels et structurels auxquels iels sont confronté·es.

Résumé du colloque

Depuis une dizaine d’années, les jeunes trans et non binaires (TNB) sont de plus en plus visibles au Québec, autant dans les médias, les politiques d’organismes qui les desservent que dans la société civile. En 2016, le Code civil et la Charte des droits et libertés de la personne ont été modifiés, notamment pour permettre aux mineurs trans d’obtenir un changement de la mention de sexe sur l’acte de naissance et protéger explicitement l’identité de genre contre les discriminations. En 2017, c’était au tour du gouvernement fédéral de légiférer en ajoutant des dispositions et aussi dans le Code criminel et dans la Charte canadienne des droits et libertés afin de mieux protéger l’identité et l’expression de genre. Depuis juin 2022, il est maintenant possible de demander la mention X sur les documents officiels. Ainsi, les jeunes trans sont non seulement plus visibles, mais aussi mieux protégé·e·s légalement. Cela dit, les situations d’exclusion, de violence et de non-reconnaissance perdurent, et les jeunes TNB continuent à vivre des situations d’adversité qui compromettent leur bien-être et leur inclusion.

C’est d’autant plus vrai pour les jeunes TNB qui se retrouvent à l’intersection de différents groupes historiquement marginalisés, qu’il soit question de jeunes migrant·e·s, racisé·e·s, autochtones, neurodivergent·e·s, en situation de handicap, etc. En effet, les situations d’oppression ne feraient pas que s’additionner, mais s’accumuleraient de manière exponentielle.

Comment les nouvelles connaissances dont nous disposons s’adaptent-elles aux jeunes TNB vivant à l’intersection de multiples dimensions sociales ? Comment assurer que la recherche répond réellement aux besoins des jeunes trans et non binaires, et à leurs communautés, particulièrement celles qui se retrouvent aux croisements de différentes identités sociales ? Quelles interventions s’avèrent les meilleures pour soutenir les jeunes TNB et faciliter le développement de leur résilience ?

Contexte

section icon Thème du congrès 2023 (90e édition) :
100 ans de savoirs pour un monde durable
Discutant-e- de la session : Maël Ste-Marie
section icon Date : 12 mai 2023

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