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Alain Marchand : Institut Robert Sauvé en santé et en sécurité au travail (IRSST)
La santé et les services sociaux (SSS) au Québec sont regroupés autour de 13 Centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS) et 9 Centres intégrés universitaires de santé et de services sociaux (CIUSSS). Le secteur de la SSS occupe une place importante dans l’économie et donne du travail à plus de 310 000 personnes sans compter les quelques 11 300 médecins rémunérés par la RAMQ. Avec la pandémie, les pressions sur les personnes à l’emploi de ce secteur se sont intensifiées mettant encore davantage en évidence les répercussions pour la santé mentale du personnel ainsi que la contribution des risques psychosociaux au travail. Nous présenterons ici des résultats préliminaires sur l’état de la santé mentale dans un des 13 CISSS, et un état des risques psychosociaux associés à la conception des tâches, aux demandes (physiques, psychologiques, contractuelles), aux relations sociales et aux gratifications. Nous examinerons également les associations possibles entre certains risques psychosociaux au travail et les symptômes de santé mentale.
La recherche en santé au travail a établi un lien important entre les risques psychosociaux au travail (RPST) et la détérioration de la qualité de vie, de la santé et du mieux-être au travail (QSMET). Des symptômes de détresse psychologique, de dépression et d’épuisement professionnel ont été associés à des conditions de l’organisation des personnes marquées par une faible latitude décisionnelle, des demandes psychologiques importantes (charges de travail, rythme de travail, demandes conflictuelles), un faible soutien social des collègues et de la supervision ainsi qu’un faible niveau de récompense. D’autres études y ont lié la justice organisationnelle, la violence au travail ou encore certaines pratiques de gestion des ressources humaines. Cette notion de RPST est toutefois très large et peut englober tout ce qui n’est pas un risque de nature chimique, biologique, physique, mécanique ou ergonomique. Par conséquent, la prévention des RPST s’avère une tâche difficile pour les milieux de travail compte tenu du foisonnement possible de RPST et du peu d’outils disponibles pour les déceler et les mesurer. De plus, contrairement aux autres risques à la santé et à la sécurité, il n’existe pas de seuils ou de valeurs limites permettant d’établir clairement le niveau représentant un risque probable pour la santé.
Ce colloque vise à discuter des enjeux liés à la prévention des RPST dans le contexte plus particulier des professions du secteur de la santé et des collaborations de recherche pouvant s’établir entre le Québec et la France, afin d’aider le milieu de la santé à mieux reconnaître les RPST, établir les priorités et intervenir efficacement.
Titre du colloque :