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Carling Sioui : Figurr Collectif d’Architectes
Tioh’tià :ke-Mooniyang-Montréal a été pendant des millénaires un paysage culturel développé et gardé par des Premières Nations, dont les Anishinaabe, les Wendats et les Kanien’kéhà :ka, reconnues encore aujourd’hui comme les gardiens de ce territoire. Le gouvernement Canadien a permis aux territoires occupés par les non-autochtones de développer des grands centres construits et totalement différents des environnements qui existaient avant leur arrivée, avec une exclusion totale des voix autochtones dans ces décisions de transformations majeures. 50% des individus autochtones du Canada vivent maintenant en milieu urbain, dans des lieux souvent non-cédés qui ne reflètent pas leurs identités et valeurs. La présentation explore dans un premier temps les réalités et valeurs de certains membres de la communauté urbaine de l’île, dans des ateliers participatifs visant à créer une charte de valeurs d’aménagement. Ensuite elle teste la compatibilité de l’aménagement urbain avec leurs propos, à travers un spectre développé avec les résultats des ateliers. Enfin, dans un effort de valider le spectre avec un plus grand groupe, elle explore la compatibilité des designs par des aménagistes autochtones avec ce dernier. L’objectif de cette exploration est de prendre conscience de l’impact de l’exclusion des voix autochtones en aménagement, ainsi que de comprendre l’impact positif que leur inclusion pourrait avoir sur les réalités et la qualité de vie de tous en milieux urbains.
Si l’écoféminisme gagne en popularité au sein des sciences sociales, peu de recherches en études urbaines présentent une telle perspective. Pourtant les propositions théoriques et analytiques des écoféminismes offrent des clés de lecture pertinentes afin de se pencher sur les enjeux urbains de notre siècle.
Plus qu’un simple mouvement de protection environnemental porté par des femmes, les écoféminismes recoupent une série de luttes, concepts, théories, éthiques et pratiques favorisant l’émancipation conjointe des femmes et de la nature de la domination masculine. Dans l’imaginaire collectif, l’écoféminisme est généralement associé à des mouvements de luttes socioterritoriales portées par des femmes racisées ou autochtones dans des zones d’extraction de ressources naturelles et où les violations de la Terre-Mère vont de pair avec des violences genrées. Peu d’attention est portée aux multiples manières dont les citadines ont des affiliations avec ces luttes et se mobilisent quotidiennement autour de revendications ou pratiques écoféministes.
Les écologies politiques urbaines ne se sont, quant à elles, que peu intéressées au genre. Insistant sur la ville comme espaces d’inégalités, elles ont laissé dans l’ombre l’agentivité des groupes marginalisés à s’approprier l’espace et à créer les leurs, ainsi que tout un pan des activités humaines relatif à la reproduction sociale, aux émotions et à la corporalité.
En valorisant une compréhension relationnelle de l’espace et encourageant l’adoption d’une approche intersectionnelle et multiscalaire, une perspective écoféministe des urbanités éclaire ces angles morts et ouvre la voie à l’enrichissement tant des théories que des recherches empiriques en milieu urbain. Se pencher sur les manières dont les écoféminismes nous révèlent et nous racontent une autre histoire de la ville, et de la toile de relations multiples et complexes qui s’y tissent au quotidien, s’avère dès lors non seulement intéressant, mais nécessaire.
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