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Monique Combes-Joret : Université de Reims Champagne-Ardenne
En France, en 2020, les accords interprofessionnels sur la Qualité de Vie et des Conditions de Travail (QVCT) mettent enfin au centre des réflexions la question du travail réel et de ses conditions d’exercice (charge de travail, intérêt du travail, autonomie, modalités de coopération, accompagnement du changement). La QVCT est aujourd’hui devenue un enjeu majeur au sein des établissements de santé, confrontés à un épuisement et à une fuite des professionnels. Si les professionnels soignants sont au cœur de cette réflexion, qu’en est-il des cadres de santé considérés comme des acteurs clés des organisations de santé ? Notre étude sur les cadres de santé hospitaliers français (très majoritairement des femmes) met en évidence une population d’encadrement de première ligne, applaudie pour son engagement sans faille durant la pandémie de COVID-19 et confrontée depuis à une dégradation continue de ses conditions de travail et de celles des soignants dont elle a la responsabilité. Nous montrons les ressources individuelles et collectives nécessaires pour leur permettre de faire du « bon travail » et de mettre en place une organisation favorable à la fois à la prise en charge des patients et à la santé des soignants.
La recherche en santé au travail a établi un lien important entre les risques psychosociaux au travail (RPST) et la détérioration de la qualité de vie, de la santé et du mieux-être au travail (QSMET). Des symptômes de détresse psychologique, de dépression et d’épuisement professionnel ont été associés à des conditions de l’organisation des personnes marquées par une faible latitude décisionnelle, des demandes psychologiques importantes (charges de travail, rythme de travail, demandes conflictuelles), un faible soutien social des collègues et de la supervision ainsi qu’un faible niveau de récompense. D’autres études y ont lié la justice organisationnelle, la violence au travail ou encore certaines pratiques de gestion des ressources humaines. Cette notion de RPST est toutefois très large et peut englober tout ce qui n’est pas un risque de nature chimique, biologique, physique, mécanique ou ergonomique. Par conséquent, la prévention des RPST s’avère une tâche difficile pour les milieux de travail compte tenu du foisonnement possible de RPST et du peu d’outils disponibles pour les déceler et les mesurer. De plus, contrairement aux autres risques à la santé et à la sécurité, il n’existe pas de seuils ou de valeurs limites permettant d’établir clairement le niveau représentant un risque probable pour la santé.
Ce colloque vise à discuter des enjeux liés à la prévention des RPST dans le contexte plus particulier des professions du secteur de la santé et des collaborations de recherche pouvant s’établir entre le Québec et la France, afin d’aider le milieu de la santé à mieux reconnaître les RPST, établir les priorités et intervenir efficacement.
Titre du colloque :