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Amine Baouche : Université de Montréal
Figures de proue d’un second essor du street rap de la région de Montréal, les rappeurs Tizzo et Shreez publiaient en 2018 leur premier album, Fouette Jean-Baptiste. Moins adapté à la diffusion de masse parce que plus cru, tant par sa musicalité que par son traitement du langage et des thèmes évoqués, le street rap (dont de Tizzo et Shreez) intègre un parlé résolument montréalais où se côtoient des mots de créole, d’anglais, parfois d’arabe vernaculaire maghrébin, un niveau de langage particulièrement familier, voire grammaticalement incorrect, ainsi qu’une terminologie spécifique aux activités criminelles de la rue. Dans le but de réfléchir à une éventuelle spécificité artistique de l’œuvre, où du moins à son rapport à l’idée d’art, comment rendre compte du va-et-vient entre cette variété de français contemporain urbain et le langage artistique propre aux chansons?
Pour situer ma propre recherche, je commencerai par un bref état des lieux des études critiques sur le rap en français, et plus précisément des études linguistiques, « littéraires » et/ou « poétiques ». Il s’agira également de proposer une méthode pour aborder non seulement cet objet-ci, mais les œuvres de rap en général. Je décrirai ensuite les particularités de la langue de Fouette Jean-Baptiste, et mon exposé s’ouvrira ainsi sur les enjeux que peut soulever un tel corpus : lieux communs, subjectivité collective, langage et art « populaires » ou « de masse », etc.
L’objectif de ce colloque est de rassembler les chercheur·se·s s’intéressant au français montréalais, à ses variétés et à son évolution. Notre colloque met l’accent sur la spécificité et la pluralité des variétés de français parlées à Montréal. Une meilleure compréhension de cette richesse culturelle permettra de mieux comprendre les multiples facettes des pratiques langagières montréalaises ainsi que le développement des espaces identitaires.
Alors que le français parlé traditionnel est très bien documenté (voir les bibliographies dans Thibault et Vincent, 1990; Daveluy, 1994; Blondeau, 2014), il existe très peu de données sur les pratiques langagières des francophones issu·e·s des communautés culturelles et sur l’impact de ces pratiques sur le français montréalais. Pourtant, les pratiques langagières des Montréalais ont évolué et la sociolinguistique montréalaise aborde de plus en plus les problématiques liées au plurilinguisme des locuteur·trice·s (Blondeau, 2014, 2020; Blondeau et Friesner, 2011, 2014; Blondeau et Tremblay, 2016; Lamarre, 2013), un thème de recherche aussi d’actualité dans d’autres grandes métropoles multiculturelles comme Toronto (Denis, 2020, 2022; Hoffman et Walker, 2010; Nagy et al., 2013), Paris (Fagyal, 2010, soumis; Cheshire et Gadet, 2011) et Londres (Cheshire, 2020; Cheshire et al., 2011; Cheshire et Gadet, 2011; Sharma, 2011). De plus, peu d’études se sont intéressées à l’acquisition des traits du dialecte local par des francophones originaires d’autres pays de la francophonie et à l’impact des changements sociétaux sur la langue, particulièrement en ce qui a trait à la question des identités de genre.
Conférences
Hélène Blondeau, University of Florida
Isabelle Leblanc, Université de Moncton
Wim Remysen, Université de Sherbrooke
Anne-José Villeneuve, University of Alberta, campus Saint-Jean
Titre du colloque :