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Lucas Aguenier : Université Laval
Depuis le début des années 2000, les politiques de renforcement des frontières et de contention des migrations ont régulièrement rendu la traversée de l’Amérique centrale et du Mexique chaque fois plus complexe et dangereuse pour des milliers de migrants en situation irrégulière. Visant à les expulser ou les empêcher de rejoindre les États-Unis, ces politiques migratoires ont pris de nombreux visages se déclinant parfois par la mise à mort des corps migrants, parfois par la modération de leurs espoirs au travers de logiques plus « humaines », souvent par l’articulation de l’une et l’autre de ces méthodes. Davantage encore depuis la pandémie de Covid-19, les mesures sanitaires mises en place pour réduire la propagation du virus ont permis l’expulsion systématique des migrants vers les villes frontalières du nord du Mexique. Ces derniers se sont alors retrouvés coincés à la frontière avec les États-Unis, attendant une issue à leur voyage.
Dans cette présentation, je reviendrai sur les « politiques de l’attente » marquant le quotidien de millier de migrants en situation irrégulière au Mexique. En complétant les données de ma recherche ethnographique menée à Ciudad Juárez avec celles portant sur d’autres centres urbains du Mexique (comme Tapachula, Mexico ou encore Tijuana), je discuterai des conséquences de cette transformation de certaines grandes villes mexicaines en territoire de l’attente pour ces migrants.
Le dernier rapport du GIEC réaffirme le consensus scientifique sur l’évolution du climat : réchauffement planétaire, transformation de la biodiversité, émergence plus fréquente des zoonoses, déforestation, épuisement des ressources naturelles et des chaînes alimentaires, démultiplication des catastrophes et de leur intensité, exodes climatiques et bien d’autres phénomènes qui caractérisent les changements climatiques et leurs conséquences.
Ici, nous partons de l’hypothèse que la Terre est littéralement terraformée par deux processus de mondialisation qui sont désormais interdépendants et indissociables : l’urbanisation planétaire (englobement 1, pensé par l’anthropologie de la mondialisation, les études urbaines, la sociologie, etc.) et le changement global (englobement 2, pensé par la science du système-Terre). L’urbanisation planétaire vectorise les changements climatiques, qui vectorisent désormais l’urbanisation planétaire, qui vectorise l’habitabilité (pensée par l’écologie, les études de l’environnement, les sciences sociales, l’architecture, etc.). L’urbain anthropocène est donc la période géo-sociale-historique qui correspond à une montée de la menace sur l’habitabilité et qui nous oblige à développer des cadres conceptuels et des démarches épistémologiques qui nous permettent d’appréhender ces transformations.
L’objectif de ce colloque est de saisir les processus urbains dans une perspective interdisciplinaire et, ainsi, développer une posture épistémologique grâce aux contributions de plusieurs chercheur·e·s. Cela se fera en étudiant les flux, les patchs et les configurations permettant d’appréhender le rôle de l’urbanisation dans les changements climatiques et de comprendre comment les liens entre les villes et la crise climatique reconfigurent l’ordre social, économique, juridique et politique contemporain.
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