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Lefranc Joseph : Faculté des Sciences Humaines, Université d'État d'Haïti
Port-au-Prince est confrontée à des crises multidimensionnelles urbaines, socio-économiques, environnementales, et autres, qui compromettent gravement l'habitabilité et le droit à la ville de ses habitants. Cette étude analyse ces crises interconnectées à Port-au-Prince et leur impact sur la capacité d'adaptation de la ville et de ses communautés aux défis climatiques mondiaux. Adoptant une approche transdisciplinaire, nous examinons comment ces crises interagissent pour affecter l'habitabilité urbaine et évaluons les réponses locales au changement global. Notre analyse s'appuie sur des données recueillies à travers des entretiens semi-structurés avec divers acteurs locaux, incluant décideurs, citoyens et experts, ainsi que sur l'examen des politiques urbaines, des plans d'adaptation climatique et des stratégies nationales de gestion des risques. L'étude met en lumière la complexité des interactions entre urbanisation, habitabilité, changements climatiques et dynamiques sociales dans un contexte de gouvernance fragile. Nous discutons des approches d'adaptation mises en œuvre, identifions les lacunes dans les stratégies actuelles et suggérons des recommandations pour renforcer la résilience urbaine et améliorer les conditions de vie malgré les multiples crises. Nos conclusions soulignent l'importance cruciale de la gouvernance urbaine pour naviguer efficacement à travers l'instabilité politique et aborder de manière holistique les défis du changement global.
Le dernier rapport du GIEC réaffirme le consensus scientifique sur l’évolution du climat : réchauffement planétaire, transformation de la biodiversité, émergence plus fréquente des zoonoses, déforestation, épuisement des ressources naturelles et des chaînes alimentaires, démultiplication des catastrophes et de leur intensité, exodes climatiques et bien d’autres phénomènes qui caractérisent les changements climatiques et leurs conséquences.
Ici, nous partons de l’hypothèse que la Terre est littéralement terraformée par deux processus de mondialisation qui sont désormais interdépendants et indissociables : l’urbanisation planétaire (englobement 1, pensé par l’anthropologie de la mondialisation, les études urbaines, la sociologie, etc.) et le changement global (englobement 2, pensé par la science du système-Terre). L’urbanisation planétaire vectorise les changements climatiques, qui vectorisent désormais l’urbanisation planétaire, qui vectorise l’habitabilité (pensée par l’écologie, les études de l’environnement, les sciences sociales, l’architecture, etc.). L’urbain anthropocène est donc la période géo-sociale-historique qui correspond à une montée de la menace sur l’habitabilité et qui nous oblige à développer des cadres conceptuels et des démarches épistémologiques qui nous permettent d’appréhender ces transformations.
L’objectif de ce colloque est de saisir les processus urbains dans une perspective interdisciplinaire et, ainsi, développer une posture épistémologique grâce aux contributions de plusieurs chercheur·e·s. Cela se fera en étudiant les flux, les patchs et les configurations permettant d’appréhender le rôle de l’urbanisation dans les changements climatiques et de comprendre comment les liens entre les villes et la crise climatique reconfigurent l’ordre social, économique, juridique et politique contemporain.
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