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Gaël Royer-Tremblay : Université de Montréal
Cette communication s’appuie sur le projet de thèse de Royer-Tremblay, qui s’intéresse au vécu des personnes majeures déclarées inaptes sur les prises de décision les concernant. La réflexion s’articule autour d’un constat central : le fait que les études sur l’inaptitude s’intéressent habituellement soit aux personnes aînées, soit à celles qui présentent une déficience ou un problème de santé mentale, etc. Il en est de même pour l’intervention, structurée autour des diagnostics principaux, les « usagers » étant « catégorisés » pour avoir accès aux services. Ce constat soulève une question fondamentale : Comment aborder la recherche en contexte d’inaptitude sans appréhender en « silo » la réalité des majeurs inaptes?
La communication permettra d’aborder l’impact sur les plans théorique et conceptuel de cette construction compartimentée des connaissances sur l’inaptitude. Elle présentera aussi l’orientation envisagée pour la thèse, soit d’appréhender le vécu de l’inaptitude de façon transversale en incluant la « voix » de personnes déclarées inaptes présentant divers profils diagnostiques. Cette avenue de recherche novatrice apparaît porteuse dans le développement de connaissances sur la perspective subjective de populations marginalisées sur de multiples plans. Une prise de position qui réaffirme, de façon engagée, l’importance de faire entendre les « missing voices, silenced voices, and misunderstood voices » (Snyder 2005: 131) dans la recherche et l’intervention.
Les interventions auprès des personnes en besoin de protection présentent une grande complexité. Elles impliquent souvent des principes et acteurs sociaux aux positions antithétiques et nécessitent une grande diligence dans les pratiques. Ces interventions touchent, par exemple, la protection de la jeunesse, les situations où l’état de santé mentale porte un risque pour soi-même ou pour autrui, celles où une évaluation de l’inaptitude est jugée nécessaire ou, encore, des situations d’intervention qui impliquent l’accompagnement dans un processus de plainte criminelle. Pour plusieurs, la tendance à la législation des marges de la pratique sociale requiert une réflexion de fond quant à la formation, aux enjeux pédagogiques qu’elle sous-tend et aux connaissances à développer (Bellot, 2020). En conséquence, les milieux de formation sont appelés à renouveler leurs pratiques pédagogiques afin de bien préparer les professionnel·le·s aux constantes mutations de ces réalités complexes et de contribuer aux réflexions éthiques, théoriques ainsi qu’au développement de connaissances entourant la judiciarisation des enjeux sociaux.
Au vu de l’évolution rapide des standards judiciaires de pratique, une discussion convergente réunissant diverses perspectives sur le sujet, dont celles des destinataires, des intervenant·e·s, des formateur·trice·s et des chercheur·e·s, s’avère nécessaire. En réponse à ce besoin, ce colloque porte sur les enjeux de la recherche et de l’enseignement liés à l’intervention sociale en contextes de protection et vise à répondre aux objectifs suivants :
Le colloque porte sur les enjeux de la recherche et de l’enseignement liés à l’intervention sociale en contexte de protection. Ceux-ci pourront être abordés selon les deux volets suivants : 1) les enjeux éthiques, théoriques ainsi que les connaissances pertinentes à l’intervention en contexte de protection; et 2) les initiatives pédagogiques mises en place à la formation des candidats à la profession pour développer des interventions adaptées au contexte de protection.
Titre du colloque :