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Muriel Neven : Haute École Libre Mosane
En 2019, un groupe restreint de formateurs désireux de former autrement, a implémenté deux dispositifs dans une formation d’enseignants du primaire. Le changement incluait plusieurs APP (ateliers vécus dans une approche par problèmes) réunissant des sous-groupes stables d’étudiants vivant des moments de formation (inter)disciplinaires. Pour amplifier la coopération entre étudiants, ces APP constructivistes étaient accompagnés de conseils de coopération. L’ensemble du dispositif visait à la fois le changement de posture face au savoir, celui-ci devenant un construit et non un donné, et face aux formateurs, ceux-ci devenant accompagnateurs plus que transmetteurs de savoir.
Outre cette mise en place sur le terrain, l’expérimentation s’est doublée d’une recherche outillée pour récolter les conceptions, attitudes et comportements déclarés de 387 étudiants (dont 77 suivis longitudinalement). Pour éclairer certains paradoxes qui émergeaient des réponses collectées, un focus group de formés et un autre de formateurs ont permis de mettre en avant les effets de ces pédagogies alternatives sur les pratiques de collaboration. Au terme de trois années, se dégagent ainsi des pistes vers les invariants quant aux impacts d’une expérience alternative sur les formés et les formateurs.
La communication présentera les convergences et divergences entre formés et formateurs. En s’appuyant sur les éléments concrets, elle pointera les impacts sur les futures pratiques et la construction de soi.
Le colloque vise à organiser la rencontre entre des chercheur·ses et des professionnel·les qui, d’une part, sont engagés dans des pratiques pédagogiques alternatives (à tous les niveaux d’enseignement), et qui, d’autre part, analysent et formalisent ces pratiques. Nous abordons la question des « invariants » des pédagogies alternatives.
Nous considérons qu’il y a pédagogie « alternative » ou « différente » (Viaud, 2005; Reuter, 2021; Hugon, Robbes et Viaud, 2021) dès lors que des praticien·nes s’engagent dans une entreprise de renouvellement et/ou de transformation plus ou moins importante de la forme scolaire (Vincent, 1994; Vincent et al., 2012), en matière de pratiques, de visées, de cadre de référence.
Wagnon (2019) estime toutefois qu’il n’y a pas une seule, mais une « nébuleuse » de pédagogies alternatives. Ce colloque vise à provoquer la réflexion sur les traits récurrents de ces pédagogies dans leur diversité : quels sont leurs « invariants »?
Ces invariants ne se limitent pas aux pratiques, aux techniques, aux méthodes pédagogiques et aux principes fondamentaux ou d’action qui les sous-tendent. Nous considérons deux autres dimensions : 1) leurs effets sur les formateurs comme sur les formés (les apprentissages opérés, les transformations produites chez les sujets, au sein des collectifs, peut-être dans la société); et 2) les processus à l’œuvre dans ces pratiques (dans les modalités de travail du pédagogue ou de l’équipe de pédagogues, dans les conditions d’élaboration et de transformation des dispositifs, dans les processus transformateurs au sein de tels environnements pédagogiques).
Ce colloque réunit à la fois des scientifiques de 10 universités (7 d’Europe, 2 du Québec, 1 du Brésil) et des praticiens, partant du principe que ceux-ci peuvent théoriser leurs expériences et en dégager des principes participant d’un savoir pédagogique (Fabre, 2002) qui peut être partagé au sein de la communauté scientifique.
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