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Samuel Nepton : Université Laval
Lors de la réforme des fondements du système scolaire québécois en 2000, on passa du paradigme de l’enseignement, inspiré par le béhaviorisme, au paradigme de l’apprentissage, d’orientation (socio)constructiviste. Pour lutter contre le décrochage, on entreprit de reconceptualiser l’apprentissage comme un processus actif de construction des savoirs et d’opérer des changements pédagogiques conséquents. Abondamment critiqués, les détracteurs de cette réforme affirment que la construction des connaissances est un truisme qui ne justifie pas les pédagogies actives. Reconnaissant le rôle actif de l’élève dans l’apprentissage, ces chercheurs réduisent le débat en un désaccord sur les meilleurs moyens de faire apprendre les jeunes, de favoriser cette construction.
Cette présentation vise, en premier lieu, à expliquer la persistance du débat entre les tenants du (socio)constructivistes et de l’enseignement explicite par l’absence de consensus réel entre ces approches sur la signification de la « construction des connaissances » : leur désaccord pédagogique repose sur une dissension épistémologique. En second lieu, notre objectif est de présenter une reconceptualisation de ces positions à l’aide de l’enquête telle que proposée par John Dewey. Cette lecture permet de désamorcer l’opposition en révélant comment ces paradigmes concurrents défendent des principes non pas contradictoires, mais complémentaires dans l’apprentissage qu’on peut intégrer dans un plus large mouvement.
L’éducation est un phénomène humain d’une riche complexité du fait de ses nombreuses dimensions. Sur le plan théorique, cette complexité entraîne la production d’une multitude de perspectives pouvant être adoptées. C’est de cette complexité que s’est constitué, avec le temps, le champ des sciences de l’éducation. Les emprunts sont à la base de cette constitution; il s’agit d’un champ où les frontières disciplinaires ont peu de force. Pour cette raison, l’histoire des idées en sciences de l’éducation est vouée à être riche dans sa dynamique.
Les sciences de l’éducation formant une réalité complexe, son étude historique est susceptible de prendre de nombreuses formes et d’émerger de plusieurs endroits. L’histoire de la philosophie a été et est toujours un lieu où l’histoire des idées sur l’éducation a été étudiée : des Grecs à Dewey, en passant par Montaigne ou Rousseau, nombreux sont les philosophes s’étant penchés avec attention sur la question de l’éducation. Mais l’histoire des idées en sciences de l’éducation ne se limite pas à celles philosophiques : les idées pédagogiques, didactiques ou encore sociologiques, entre autres, sur l’éducation en font elles aussi partie.
Ce colloque a pour objectif de jeter un regard large sur l’histoire des idées dans le champ des sciences de l’éducation. Il vise à réunir des chercheurs francophones intéressés par l’histoire des idées de ce champ au sein d’un même événement, et ce, sans égard aux frontières disciplinaires qui pourraient exister. Voilà pourquoi nous proposons trois façons d’aborder les idées passées sur l’éducation : 1) pour elles-mêmes; 2) dans leur mise en relation avec des idées actuelles; et 3) dans leur mise en relation avec des enjeux actuels.
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