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Montserrat Fitó : EHESS, Paris - CIRCACIA, Cayenne
Notre colloque s'inscrit dans le cadre du 91ème congrès international francophone de l'Acfas, organisé cette année par l'Université d'Ottawa. Les principaux points communs entre la Guyane et le Canada que nous avons choisi de problématiser par le biais du rapport entre les arts et les sciences sociales sont les questions autochtones et celles soulevées par les immigrations. L'intégration dans notre contexte global d'une telle diversité humaine et culturelle requiert une perspective inclusive. D'où la pertinence de convoquer pendant ces deux journées la démarche dénommée "Équité, diversité, inclusion (ÉDI)".
L'organisation du présent colloque reconnaît et respecte le lien profond, de longue date, unissant les peuples autochtones de Guyane à leur territoire traditionnel, qui demeure non cédé (2017). Nous rendons hommage à toutes les personnes des nations kali'na, teko, paykweneh, wayana, wayãpi et lokono qui habitent la Guyane ; qu'elles soient nées sur le territoire ou dans les pays voisins. Nous reconnaissons les gardiennes et les gardiens des savoirs de tous âges. Nous honorons aussi leurs dirigeantes et dirigeants d'hier, d'aujourd'hui et de demain, au courage indéniable.
Nous aborderons les interventions et les débats sous l'angle du concept de décolonialité et de la controverse qu'elle suscite. Les différents points de vues existants et les interrogations que ceux-ci engendrent nous apporteront un éclairage fécond sur les thématiques abordées tout au long du colloque.
DESCRIPTION
Problématique
Le paradoxe consiste en ce que la langue est à la fois créatrice de culture et produit de la culture. Aussi est-elle un instrument de résistance à l’hégémonie linguistique et, par conséquent, à l’hégémonie culturelle. Voilà la principale question que soulève notre colloque, les interrogations suivantes résultant des différentes situations de diglossie existantes (Ninyoles, 1969 ; Aracil, 1980) et des propositions produites par les populations linguistiquement et culturellement subalternisées.
On peut donc, avec Deleuze (1976), postuler que, par l’art, on surcode la langue, lui permettant de dépasser ses signes figés. Autrement dit, le langage fuit la langue. Notre colloque pose également la question de la déterritorialisation/reterritorialisation (Deleuze, Avenir de linguistique, 1976), comme un autre pouvoir, hétérogène à une langue principale, constituant alors une autre géolinguistique, non traitée par le pouvoir majoritaire/dominant ; il y a alors microluttes, réaction des subalternes.
Sont concernés par ce questionnement tant les arts et les artistes invisibilisés sur leur propre territoire, comme c’est souvent le cas des artistes autochtones, déprécié·e·s et rabaissé·e·s au rang d’artisan·e·s, que les artistes qui ont dû s’exiler pour s’exprimer.
Nous discutons donc également cette hypothèse dans le contexte québécois, auprès d’artistes réfléchissant à leur propre pratique (chorégraphes, dramaturges, plasticiennes et plasticiens, poètes, etc.). Ces démarches, tant celles des acteurs sociaux résidant sur leur territoire d’origine que celles des artistes exilés, peuvent mener à une désaliénation des savoirs qui dépassent la barrière de la langue.
Notre colloque pose la question exposée précédemment à partir du rapport entre langue et langage, pour une hybridation des savoirs entre discours linguistiques, artistiques et phénoménologie.
Axes de réflexion
1) Rapport entre langue hégémonique et langues/langages autres, dans une perspective sociophilosophique
2) La pratique artistique comme alternative à une langue hégémonique et aliénante
3) Processus contradictoires et compatibilité des savoirs
4) Perspectives de re-signification des savoirs lors de parcours croisés (croisements disciplinaires)
5) Catégorisations des arts et artisanats et leurs conséquences économiques (marchandisation versus valeurs)
Possibilités de publication des textes
Les conférenciers pourront soumettre un texte issu de leur présentation, au cours de l’été 2024, en vue d’une publication sous forme d’ouvrage collectif ou de numéro spécial de revue. Des informations supplémentaires seront fournies dans les prochains mois. Les articles soumis seront évalués par un comité de lecture.
Titre du colloque :
Thème du colloque :