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Laura Ginoux : Université de Montréal
Étant donné le vieillissement accru de la population et la pénurie de main-d’œuvre dans le domaine de la santé et des services sociaux au Québec, les personnes proches aidantes (PPA) jouent un rôle essentiel dans la prestation de soins envers les personnes âgées (PA).
Les PPA issues de groupes ethnoculturels minoritaires (GEM) rencontrent des problématiques particulières liées au racisme, à la discrimination et à un manque d’humilité culturelle et épistémique de la part des personnes intervenantes en soins de santé et services sociaux (PI).
Nous constatons une injustice épistémique envers les PPA issues de GEM car elles ne sont pas souvent incluses dans les prises de décisions, bien qu’elles détiennent des savoirs pratiques issus du soin informel reçu et donné, de leurs expériences de vie et de leurs cultures.
Cette communication traitera de la problématisation d’un projet de recherche en cours qui étudie la négociation des expertises diversifiées au sein de triades PPA-PA-PI afin de développer des pratiques de soins collaboratives culturellement appropriées qui intègrent les
PPA comme partenaires épistémiques dans le soin. Nous présenterons notre proposition afin de cultiver l’humilité épistémique au sein de la triade PPA-PA-PI. Par cette communication, nous aurons l’opportunité de partager les premières données issues de témoignages d’interactions et d’entrevues individuelles auprès de triades en soutien à domicile (SAD) dans la grande région métropolitaine de Montréal.
Ce colloque souhaite orchestrer une réflexion interdisciplinaire sur les injustices épistémiques—réflexion que l’on souhaite aborder sous divers angles (théorique, méthodologique, pratique, empirique). Champ de recherche fort dynamique, cette littérature s’intéresse aux diverses inégalités et injustices liées à l’acquisition, au partage et à la reconnaissance de certains savoirs, et aux liens étroits entre ces inégalités et les rapports de pouvoir. Ces recherchent tentent en outre de saisir comment les préjugés négatifs ambiants (e.g. sexistes, âgistes, capacitistes, sanistes, racistes, classistes) affectent la crédibilité accordée aux savoirs de certains groupes, mais aussi à réfléchir aux moyens de pallier à ces déficits de crédibilité et à la marginalisation. Bien que de nombreux écrits féministes et décoloniaux aient précédemment exploré certaines facettes des phénomènes en question, l’ouvrage phare de Miranda Fricker, Epistemic Injustice (2007), a donné un cadre analytique bien défini au sujet – un cadre repris, critiqué et amendé par plusieurs chercheurs et chercheuses dans la dernière décennie. L’importance et la pertinence de ce corpus est considérable pour les sciences sociales, car il soulève des enjeux complexes sur nos façons de produire et de partager des connaissances. Comment produire celles-ci avec les personnes et les communautés étudiées? Comment bien reconnaître les différentes formes de savoirs? Et comment réfléchir sur les inégalités produites par les nouvelles connaissances ou par certaines méthodologies de recherche?
Titre du colloque :