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Dans les ruines et ses réhabilitations environnementales

NG

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Nakeyah Giroux-Works : Université d'Ottawa

Résumé de la communication

Les espaces environnementaux dégradés se multiplient sur la planète. Ils prennent différentes formes, allant de la friche agricole à la plantation en monoculture, en passant par le site industriel contaminé et le parc urbain dépourvu de biodiversité. Leur existence s’inscrit dans les contextes de l’Anthropocène, résultant de processus continus de domestication, de configuration et d’artificialisation de la nature. Certains auteurs se sont intéressés au devenir de ces espaces – qu’ils appréhendent comme des ruines du capitalisme ou des patchs anthropocéniques (Tsing 2019; Wadbled 2020) – en documentant les simplifications écologiques, les infrastructures humaines et les proliférations férales (ex. : espèces invasives) qui les caractérisent. D’un nouvel élan, cette communication se penchera sur les modalités d’avenir des ruines environnementales qui sont « réhabilitées » à partir de dynamiques de diversification écologique et de collaborations multi-espèces. M’appuyant sur ma recherche doctorale, je présente ici les fondements d’un cadre d’analyse permettant de réfléchir aux relations humano-végétales à la base de stratégies citoyennes visant à rendre les ruines plus habitables.

Résumé du colloque

Le dernier rapport du GIEC réaffirme le consensus scientifique sur l’évolution du climat : réchauffement planétaire, transformation de la biodiversité, émergence plus fréquente des zoonoses, déforestation, épuisement des ressources naturelles et des chaînes alimentaires, démultiplication des catastrophes et de leur intensité, exodes climatiques et bien d’autres phénomènes qui caractérisent les changements climatiques et leurs conséquences.

Ici, nous partons de l’hypothèse que la Terre est littéralement terraformée par deux processus de mondialisation qui sont désormais interdépendants et indissociables : l’urbanisation planétaire (englobement 1, pensé par l’anthropologie de la mondialisation, les études urbaines, la sociologie, etc.) et le changement global (englobement 2, pensé par la science du système-Terre). L’urbanisation planétaire vectorise les changements climatiques, qui vectorisent désormais l’urbanisation planétaire, qui vectorise l’habitabilité (pensée par l’écologie, les études de l’environnement, les sciences sociales, l’architecture, etc.). L’urbain anthropocène est donc la période géo-sociale-historique qui correspond à une montée de la menace sur l’habitabilité et qui nous oblige à développer des cadres conceptuels et des démarches épistémologiques qui nous permettent d’appréhender ces transformations.

L’objectif de ce colloque est de saisir les processus urbains dans une perspective interdisciplinaire et, ainsi, développer une posture épistémologique grâce aux contributions de plusieurs chercheur·e·s. Cela se fera en étudiant les flux, les patchs et les configurations permettant d’appréhender le rôle de l’urbanisation dans les changements climatiques et de comprendre comment les liens entre les villes et la crise climatique reconfigurent l’ordre social, économique, juridique et politique contemporain.

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 13 mai 2024

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