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Delphine Gauthier-Boiteau : UQAM - Université du Québec à Montréal
Prenant appui sur les épistémologies de l’ignorance et la notion d’injustice épistémique, cette communication rend compte de réflexions en amont d’un projet doctoral portant sur le pouvoir judiciaire et les expériences de mères qui se sont trouvées ou qui se trouvent à l’intersection de prises en charge par le droit criminel, psychiatrique et de protection de la jeunesse. Bien que les principes, procédures et finalités de ces domaines juridiques soient multiples, une problématisation transversale est pertinente pour en montrer les logiques communes et rendre visible la surreprésentation de groupes précis qui les traversent. Alors que le droit est ici compris comme champ normatif formel produisant des injustices épistémiques, la proposition aura pour objet les questions préalables aux diverses possibilités de recherche empirique. L’une, dont l’objet et la méthode viseraient l’amplification de savoirs déconsidérées en et par droit et l’autre, relevant d’une étude critique des pratiques judiciaires et des conditions de reproduction des violences du droit. Cela évoque la réflexivité et l’aspiration à se constituer comme virtous hearer, tout en étant confrontée à une atmosphère sociale (et juridique) autre (Fricker). Les questions suivantes guideront la présentation : Quelle avenue est plus susceptible d’amenuiser les injustices épistémiques pôles (amplification/ignorance)? De quelles façons peut-on concevoir le rôle de la chercheure en droit dans ce contexte épistémologique?
Ce colloque souhaite orchestrer une réflexion interdisciplinaire sur les injustices épistémiques—réflexion que l’on souhaite aborder sous divers angles (théorique, méthodologique, pratique, empirique). Champ de recherche fort dynamique, cette littérature s’intéresse aux diverses inégalités et injustices liées à l’acquisition, au partage et à la reconnaissance de certains savoirs, et aux liens étroits entre ces inégalités et les rapports de pouvoir. Ces recherchent tentent en outre de saisir comment les préjugés négatifs ambiants (e.g. sexistes, âgistes, capacitistes, sanistes, racistes, classistes) affectent la crédibilité accordée aux savoirs de certains groupes, mais aussi à réfléchir aux moyens de pallier à ces déficits de crédibilité et à la marginalisation. Bien que de nombreux écrits féministes et décoloniaux aient précédemment exploré certaines facettes des phénomènes en question, l’ouvrage phare de Miranda Fricker, Epistemic Injustice (2007), a donné un cadre analytique bien défini au sujet – un cadre repris, critiqué et amendé par plusieurs chercheurs et chercheuses dans la dernière décennie. L’importance et la pertinence de ce corpus est considérable pour les sciences sociales, car il soulève des enjeux complexes sur nos façons de produire et de partager des connaissances. Comment produire celles-ci avec les personnes et les communautés étudiées? Comment bien reconnaître les différentes formes de savoirs? Et comment réfléchir sur les inégalités produites par les nouvelles connaissances ou par certaines méthodologies de recherche?
Titre du colloque :