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Wafa Samet Kallel : Institut supérieur des arts et métiers de Sfax
Aider l’homme à vivre en harmonie avec son milieu de vie est aujourd’hui un grand challenge que seuls les concepteurs, quels que soient leurs domaines d’action, sont en mesure de relever. Nous tenons par le terme « concepteur », tout acteur produisant un bien ou un service, qui d’une manière directe ou indirecte, influencerait les ressources de l’environnement. Désormais, nous ne pourrons plus continuer à produire massivement, à consommer abusivement et à avoir un usage impropre et surtout, nous serions face à une contradiction : continuer à se développer tout en respectant l’environnement. Les outils d’éco-innovations viennent résoudre en partie cette contradiction puisqu’ils accompagnent les concepteurs depuis l’analyse et la formalisation du problème jusqu’à la phase de recherche d’idées à la croisée de l’innovation et de l’écologie. Dans cette communication, nous présenterons la philosophie portée par trois outils : la matrice Éco-MAL’IN, l’«Éco-Ressources » et l’«Éco-SCAMPER ». Chaque outil propose une structuration d’analyse liée à une vision de développement durable et orientée en termes de solutions. Cette optimisation des temps réservés à l’analyse et ce rallongement des temps consacrés à la créativité permettraient de proposer de l’innovation conjuguée à l’écologie. En particulier, nous prenons le cas de l’influence matérielle comme type d’impact environnemental pour décrire l’usage de ces trois outils d’éco-innovation pertinents des séances de créativité.
Au vu de la crise énergétique mondiale, les exigences environnementales et économiques doivent être prises en considération par les ingénieurs, les architectes et les designers. Dans cette perspective, et afin de contribuer à la réduction du gaspillage énergétique des bâtiments et des émissions de gaz à effet de serre, les biopolymères et matériaux biosourcés s’imposent non seulement comme pistes de solution pour la conception de matériaux à haute performance en isolation thermique, mais aussi comme un levier d’innovation et de développement en construction et en design.
À cet effet, plusieurs initiatives écologiques sont réalisées. En Afrique, d’une part, on conçoit de nouveaux isolants de haute performance, destinés au secteur de la construction, à partir de déchets de carton et de biomasse résiduelle de palmier dattier (procédé qui ne nécessite aucun produit chimique ni additif supplémentaire) et, d’autre part, des architectes introduisent des matériaux biosourcés dans le processus créatif d’adaptation de la matière naturelle lors de la transformation de matériaux en objets à l’aide de l’impression 3D. Au Québec, par exemple, on conçoit de nouveaux matériaux à base de chanvre et/ou bois dans le domaine de la construction. Il serait donc pertinent de partager les connaissances et les initiatives en matière d’écologie dans la perspective d’une meilleure appropriation socioculturelle des principes et des valeurs du développement durable. C’est dans ce cadre que le colloque s’inscrit avec l’objectif de croiser les regards en architecture, en design et en matériaux biosourcés, pour le secteur des bâtiments et des maisons en Afrique et en Amérique.
De plus, le colloque est l’occasion de répertorier les différentes formes d’utilisation des matériaux biosourcés dans le domaine de la construction, de l’architecture et du design, tout en tenant compte de leur poids économique, social, culturel et environnemental sur les espaces et les usagers. Le colloque constitue également un espace d’interdisciplinarité et de multidisciplinarité permettant de créer des ponts entre les sciences de l’architecture, les sciences du design et les sciences des matériaux. Le but du colloque est d’engager une conversation entre des chercheurs et des intervenants des disciplines du projet (ingénierie, architecture, urbanisme, design) qui sont préoccupés par les questions environnementales et leurs répercussions sur les territoires et les populations.
Titre du colloque :