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Mathilde Cambron-Goulet : UQAM - Université du Québec à Montréal
Le dialogue, comme pratique pédagogique, a souvent été relié à la notion de consentement. Dans l’Antiquité, c’est le cas notamment chez Platon, pour qui l’assentiment de l’interlocuteur doit être sincère (Gorgias 475d-e et 521a, voir par exemple Brisson 2001), et chez Proclus (Sur l’Alcibiade, voir Charrue 2019, 173-176). En général, on considère par conséquent que le dialogue comme genre littéraire, tel que pratiqué par Platon, implique également une forme de consentement, de la part du lecteur cette fois-ci, de sorte que ce genre littéraire facilite l’engagement intellectuel du lecteur (Desclos 2001, Cambron-Goulet 2023) ; quelques voix soulèvent toutefois le caractère factice de cet assentiment du lecteur dans la mesure où l’auteur mène la danse et est susceptible de forcer le lecteur à accepter des transitions qui ne sont pas évidentes, justement parce que son consentement est en apparence sollicité (Rossetti 2001). Or, le courant de la pédagogie critique, représenté par Freire ou hooks, propose de nombreuses pistes qui permettent de déterminer le caractère authentique du dialogue, et donc la valeur réelle du consentement de l’interlocuteur. Nous aimerions dans cette contribution proposer une réflexion sur les rapports entre dialogue et consentement, en distinguant le dialogue comme pratique pédagogique du dialogue comme genre littéraire, à partir de l’Alcibiade, du Gorgias et du commentaire de Proclus sur l’Alcibiade.
L’éducation est un phénomène humain d’une riche complexité du fait de ses nombreuses dimensions. Sur le plan théorique, cette complexité entraîne la production d’une multitude de perspectives pouvant être adoptées. C’est de cette complexité que s’est constitué, avec le temps, le champ des sciences de l’éducation. Les emprunts sont à la base de cette constitution; il s’agit d’un champ où les frontières disciplinaires ont peu de force. Pour cette raison, l’histoire des idées en sciences de l’éducation est vouée à être riche dans sa dynamique.
Les sciences de l’éducation formant une réalité complexe, son étude historique est susceptible de prendre de nombreuses formes et d’émerger de plusieurs endroits. L’histoire de la philosophie a été et est toujours un lieu où l’histoire des idées sur l’éducation a été étudiée : des Grecs à Dewey, en passant par Montaigne ou Rousseau, nombreux sont les philosophes s’étant penchés avec attention sur la question de l’éducation. Mais l’histoire des idées en sciences de l’éducation ne se limite pas à celles philosophiques : les idées pédagogiques, didactiques ou encore sociologiques, entre autres, sur l’éducation en font elles aussi partie.
Ce colloque a pour objectif de jeter un regard large sur l’histoire des idées dans le champ des sciences de l’éducation. Il vise à réunir des chercheurs francophones intéressés par l’histoire des idées de ce champ au sein d’un même événement, et ce, sans égard aux frontières disciplinaires qui pourraient exister. Voilà pourquoi nous proposons trois façons d’aborder les idées passées sur l’éducation : 1) pour elles-mêmes; 2) dans leur mise en relation avec des idées actuelles; et 3) dans leur mise en relation avec des enjeux actuels.
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