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Dire ce que je suis : auto-analyse, formes et catégories

ML

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Michel Lacroix : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

À partir des travaux de Pierre Bourdieu sur les luttes de classements et de Fernand Dumont sur la culture première et la culture seconde, d’une part, et du corpus des essais et récits de soi des « transclasses » il s’agira d’opérer un retour réflexif sur l’usage des catégories de « populaire » de « savant » et de « classe », en tenant compte des médiations formelles et disciplinaires qui donnent une coloration spécifique à ces enjeux. Ainsi, qu’est-ce que le sociologue de la littérature, que je suis, peut dire d’autre que l’essayiste qui a essayé, dans, Cécile et Marx, d’explorer le conflit entre la culture familiale villageoise de ses origines, et la culture savante et militante dans laquelle il baigne désormais? Plus encore : que peut-il dire sur la série d’essais publiés au Québec sur ce thème, dans les premiers mois de 2024, dont Cécile et Marx fait partie?

Résumé du colloque

La catégorie de pensée du « populaire » renvoie à des manifestations multiples et complexes. Elle provient de la formation des États-nations, de leur personnel lettré et d’un mouvement plus général de démocratisation de l’éducation. Au 19e siècle, la catégorie est ensuite associée à la « question sociale » : en dépit de l’augmentation des capacités productives, la pauvreté ne diminue pas dans une même proportion. Aujourd’hui, le populaire renvoie en sus à la culture de masse.

Comment penser le populaire dans la diversité des situations sociales et dans son historicité depuis le « quêteux » jusqu’aux personnes inscrites dans des réseaux de redistribution ? Comment envisager les variations dans le contenu de la catégorie comme étant des traces significatives de la transformation plus générale du mode de production des rapports sociaux ? Comment penser aujourd’hui le populaire sans reconduire la dichotomie populisme-misérabilisme qui repose sur une ontologie individuelle d’êtres sociaux plus ou moins libres, autonomes et indépendants ? En somme, comment construire un objet d’étude sociologique à partir d’une catégorie polysémique et problématique ?

Deux axes interdépendants sont proposés :

Théorique : Archéologie théorique de la catégorie à partir des travaux de la sociologie et de l’anthropologie, selon différentes traditions nationales. Définitions de la catégorie dans les travaux actuels ou dans vos propres projets d’enquête. Pourquoi privilégier celle-ci plutôt que d’autres (marginalité, exclusion, etc.) ?

Empirique : Présentation d’enquêtes empiriques explicitant autant que possible l’usage qui a été fait de la catégorie en interrogeant ses fondements et ses limites. Questionnements concrets sur ce que nous pourrions qualifier de modes de vie et de sociabilités populaires, analyses comparées de ces modes de vie en recourant à différentes enquêtes sociologiques et anthropologiques. Ces enquêtes peuvent relever de méthodologies quantitative et qualitative.

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 13 mai 2024

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