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Effets des mesures de réponse à la pandémie de COVID-19 sur la santé et le bien-être socio-économique des femmes en République de Guinée : une approche mixte explicative

FG

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Fassou Mathias Grovogui : Université Gamal Abdel Nasser de Conakry

Résumé de la communication

Introduction : La pandémie de COVID-19 a eu de nombreux effets sur la santé, les conditions de vie et de travail des femmes dans le monde. Cette étude visait à analyser les effets des mesures de réponse à la pandémie de COVID-19 sur la santé et le bien-être des femmes en Guinée.

Méthode : L'étude a adopté une approche mixte exploratoire combinant enquête et discussions de groupe pour approfondir la compréhension des thèmes clés.

Résultats : Au total 3465 personnes, dont 2023 femmes (58,4%), ont participé à l'enquête ménage. Les âges moyens respectifs des répondants étaient de 37,5(±16,5) ans et de 32,0 (±13,9) ans. Environ 64% des répondants ont vu leurs revenus diminuer pendant la riposte, dont 9% des hommes et 20% des femmes n'ont pas pu retrouver leur niveau d'avant COVID-19 (p<0,001). En termes de charge de travail domestique, 56% des femmes et 44% des hommes ont signalé une augmentation (p<0,001). A Conakry, les violences physiques, verbales ou sexuelles ont augmenté pour 26% des femmes, comparativement à 13% des hommes (p<0,001). Les discussions de groupe ont souligné l'impact particulier des mesures sur le secteur informel, et la corrélation entre la perte de revenu et le poids des mesures a provoqué de la détresse et de l'anxiété chez les femmes.

Conclusion : Cette étude confirme les effets des mesures de réponse sur la santé et le bien-être des femmes en Guinée. Elle souligne la nécessité d'une préparation, d'une réponse et d'une organisation post-crise plus inclusives.

Résumé du colloque

La pandémie de COVID-19 et les mesures prises par les gouvernements partout dans le monde pour y faire face ont eu une incidence économique significative, notamment sur le marché de l’emploi. À l’échelle mondiale, les femmes ont été plus durement touchées par cette crise que les hommes, notamment dans les pays à revenus faibles ou intermédiaires. Plus de 90 % des femmes dans ces pays travaillent dans le secteur informel, qui concentre les emplois les plus précaires. Ces femmes ont eu un accès limité, voire inexistant, aux mesures de protection sociale mises en place par certains gouvernements pour faire face à la pandémie et ont donc été plus lourdement touchées par la perte de revenus due aux confinements et aux restrictions. Lorsqu’elles travaillent dans le secteur formel, les femmes sont surreprésentées dans les domaines de la santé, de l’éducation, du tourisme et des services en général, qui ont été particulièrement touchés par les conséquences à la fois sanitaires et économiques de la pandémie. De plus, les mesures de confinement ont non seulement augmenté la charge du travail domestique et de soins qui pèse habituellement sur les filles et les femmes, mais elles les ont aussi exposées à un risque accru de violence conjugale.

En 2021, le gouvernement canadien, par l’entremise du Centre de recherches pour le développement international (CRDI), a lancé l’initiative Les femmes s’élèvent, visant à financer des projets de recherche sur les conséquences de la COVID-19 et des mesures de riposte à la pandémie sur le bien-être économique et social ainsi que sur la santé mentale et physique des filles et des femmes vivant dans des pays des Suds. Ces projets ont comme finalité, à partir des expériences étudiées, de proposer des stratégies de relance postpandémiques plus inclusives qui contribuent à l’égalité des genres.

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 13 mai 2024

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