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Judith Emery-Bruneau
Depuis le tournant des années 2000, la littérature de jeunesse québécoise est marquée d’une vive effervescence tant par la quantité que par la diversité de ses formes (Madore, 2014). Parmi les divers genres textuels qui s’inscrivent dans ce champ de la production, les recueils de poésie occupent une place de choix. Mais qu’est-ce qui caractérise ce corpus contemporain vers lesquels les enseignant‧e‧s peuvent se tourner pour travailler la poésie en classe (MELS 2009, 2011)? Quelles sont les maisons d’édition, les collections et les auteurs les plus prolifiques en poésie jeunesse au Québec? Quels sont les thèmes les plus souvent abordés dans ces recueils? Pour cette intervention, nous avons inventorié tous les recueils de poésie jeunesse parus au Québec de 2000 à 2022. Les 169 recueils de poésie recensés ont été répertoriés dans la rubrique M’as-tu vu, m’as-tu lu? de la base de données Lurindex produite par la revue Lurelu, base de données recommandée par le MELS pour choisir des livres de qualité. Nous ferons d’abord un état des lieux de ce corpus, puis analyserons le contenu de la 3e collection la plus prolifique à savoir la collection « Poésie » de La courte échelle, car l’arrivée de cette collection en 2002 marque un moment charnière de l’édition de poésie pour la jeunesse (Boissiroy, 2011). Les thèmes, sous-thèmes et leur traitement dans cette collection seront décrits afin de mieux réfléchir aux expériences poétiques qu’ils peuvent susciter.
Les livres jeunesse revêtent plusieurs rôles pour les enfants qui les lisent, et le milieu scolaire s’avère un terreau fertile pour les explorer (Giasson, 2000). Selon Nikolajeva (2014), les livres jeunesse contribuent à développer la connaissance du monde, la connaissance de soi et la connaissance de l’autre. Certains s’intéressent à ces différents axes de la connaissance par le truchement des livres jeunesse. Par exemple, quant à la connaissance du monde, cela peut être par le recours aux livres jeunesse pour initier des élèves de premier cycle à des concepts abstraits comme le temps, l’espace et les sociétés (Boulet, 2022) ou pour développer leur vocabulaire (Cuerrier, 2019). Pour ce qui est du recours aux livres jeunesse pour connaître une réalité semblable à la sienne ou différente, cela peut se traduire par des études de cas où il y a une mise en scène de fratries composées de personnages vivant avec un handicap (Joselin et Dayan, 2022) ou de personnages vivant un deuil (Henky, 2022). Ces brefs exemples montrent bien l’étendue des sujets quant aux connaissances que les livres jeunesse peuvent apporter aux lectrices et aux lecteurs. Outre ces apprentissages variés, les livres jeunesse contribuent également à la réflexion, pensons simplement au potentiel à philosopher avec les enfants grâce aux livres jeunesse (Chirouter, 2008, 2015). Sur le plan de l’émotion, certains considèrent les livres jeunesse utiles pour développer l’empathie fictionnelle (Larrivé, 2014, 2015), alors que d’autres s’intéressent aux émotions telles que véhiculées par les personnages (Bowen, 2022; Dionne, 2020). Compte tenu de cette diversité des rôles des livres jeunesse, il paraît essentiel de continuer à les explorer pour faire avancer les connaissances.
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