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Étude de l’oppression épistémique au sein des théories féministes occidentales

AL

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Alexia Leclerc : Université McGill

Résumé de la communication

Plusieurs femmes et féministes autochtones critiquent la manière dont leurs voix et leurs contributions sont systématiquement exclues ou dévaluées dans le milieu académique et au sein des théories féministes occidentales (Green 2017; Arvin, Tuck, and Morrill 2013). Je démontre que certaines orientations au sein des théories féministes occidentales produisent de l’oppression épistémique (Dotson 2014) à l’égard des contributions des femmes et féministes autochtones. L’oppression épistémique se comprend comme l’atteinte persistante à la capacité d’une communauté à contribuer à la production de connaissances. Mobilisant des engagements normatifs en théorie politique comparative (Tully 2020), j’examine des manifestations concrètes d’oppression épistémique à partir de critiques spécifiques de femmes autochtones. Je montre en quoi certains concepts mobilisés au sein des théories féministes ne permettent pas de rendre compte des réalités des femmes autochtones. J’explique que cela serait causé par une insuffisance dans les ressources épistémiques en décortiquant le cas du concept de souveraineté (Barker 2017; Ladner 2009). Je m’attarde à la critique selon laquelle les visions des femmes autochtones seraient incommensurables à celle des féministes occidentales (Moreton-Robinson 2000). Je décortique la manière dont cette incommensurabilité cause de l’oppression épistémique à l’égard des femmes et féministes autochtones pour ultimement rendre les relations dialogiques moins oppressives

Résumé du colloque

Ce colloque souhaite orchestrer une réflexion interdisciplinaire sur les injustices épistémiques—réflexion que l’on souhaite aborder sous divers angles (théorique, méthodologique, pratique, empirique). Champ de recherche fort dynamique, cette littérature s’intéresse aux diverses inégalités et injustices liées à l’acquisition, au partage et à la reconnaissance de certains savoirs, et aux liens étroits entre ces inégalités et les rapports de pouvoir. Ces recherchent tentent en outre de saisir comment les préjugés négatifs ambiants (e.g. sexistes, âgistes, capacitistes, sanistes, racistes, classistes) affectent la crédibilité accordée aux savoirs de certains groupes, mais aussi à réfléchir aux moyens de pallier à ces déficits de crédibilité et à la marginalisation. Bien que de nombreux écrits féministes et décoloniaux aient précédemment exploré certaines facettes des phénomènes en question, l’ouvrage phare de Miranda Fricker, Epistemic Injustice (2007), a donné un cadre analytique bien défini au sujet – un cadre repris, critiqué et amendé par plusieurs chercheurs et chercheuses dans la dernière décennie. L’importance et la pertinence de ce corpus est considérable pour les sciences sociales, car il soulève des enjeux complexes sur nos façons de produire et de partager des connaissances. Comment produire celles-ci avec les personnes et les communautés étudiées? Comment bien reconnaître les différentes formes de savoirs? Et comment réfléchir sur les inégalités produites par les nouvelles connaissances ou par certaines méthodologies de recherche?

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 13 mai 2024

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