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Évaluer la compétence scripturale des élèves : conceptions et pratiques déclarées d’enseignants de français du secondaire

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Jennifer Smith : UQO - Université du Québec en Outaouais

Résumé de la communication

Bon nombre de travaux menés en évaluation mettent en exergue la complexité de l’exercice du jugement évaluatif des enseignants (Mukamurera et Fontaine, 2017). Plus particulièrement au sein de la discipline du français, ces derniers se disent en perte de repères lors de l’évaluation de productions écrites d’élèves (Bucheton, 2014). Or, afin d’arriver à guider les élèves par l’entremise de l’évaluation en soutien à l’apprentissage, il a été suggéré par certains auteurs (Blaser et al., 2015; Colognesi et al. 2022) de s’intéresser à leurs rapports à l’écriture et à son évaluation. À la lecture de ce qui précède, la question de recherche suivante a été posée: Quels liens existe-t-il entre le plan didactique du rapport à l’écriture et le rapport à l’évaluation de productions écrites à titre de préexistants au jugement évaluatif d’enseignants de français œuvrant dans les écoles secondaires québécoises ?

La proposition suivante vise à présenter les résultats d’une étude de cas multiple réalisée à l’automne 2021 auprès de neuf enseignants de français du Québec. Plus précisément, les données recueillies par l’entremise d’entretiens semi-dirigés visant à décrire le rapport à l’écriture et le rapport à l’évaluation des participants seront partagées. Enfin, les résultats exposeront les principaux constats quant à la nature des obstacles possibles entre les rapports et mettront en lumière le potentiel de mobiliser la subjectivité comme levier à la création d’outils de formation.

Résumé du colloque

La maîtrise de l’écriture est primordiale pour réussir à l’école et hors d’elle : elle sous-tend plusieurs apprentissages scolaires et facilite l’obtention d’un diplôme ou d’un emploi, permettant ultimement aux citoyens de devenir autonomes et de s’épanouir au sein de la société (Arfé et Dockrell, 2023; Chartrand, 2006). Compétence universelle, écrire permet de partager des idées, d’argumenter, de raconter des histoires ou de communiquer avec ses pairs (Graham et Harris, 2019).

Or, devenir un scripteur compétent ne va pas de soi. En font foi les plus récents taux de réussite aux épreuves ministérielles d’écriture au secondaire, inférieurs à 60 % dans plusieurs régions du Québec (Morasse, 2022). Cette difficulté s’explique sous deux plans. D’une part, écrire serait la tâche la plus exigeante en ressources cognitives (Favart et Olive, 2005), en raison notamment de la gestion en mémoire des différents traitements nécessaires à l’élaboration du contenu, aux choix lexicaux, syntaxiques et orthographiques et à la mise en œuvre de stratégies rédactionnelles (Alarmargot et Chanquoy, 2011; Berninger et Amtmann, 2003; Berninger et Winn, 2006). D’autre part, les élèves n’ont pas tous un rapport positif à l’écriture, ce qui nuit à leur engagement dans cette tâche, et ce rapport se dégrade considérablement lors de la transition primaire-secondaire (MEESR, 2015).

Devant ce constat, il faut interroger le rôle de l’évaluation dans le développement des compétences scripturales des élèves. Pour les milieux scolaires et scientifiques, l’évaluation de l’écriture représente un défi conceptuel et méthodologique (Dockrell et al., 2019), puisqu’elle doit couvrir les nombreux aspects qui l’entourent (Daigle et Berthiaume, 2021). Ce colloque est justement l’occasion d’aborder l’évaluation de l’écriture du préscolaire au secondaire sous deux axes : 1) les pratiques d’évaluation de l’écriture en classe de français; et 2) les pratiques d’évaluation en écriture issues de la recherche actuelle.

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 13 mai 2024

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