Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Marie-Hélène Giguère : UQAM - Université du Québec à Montréal
Selon plusieurs recherches, les activités d’apprentissage de la syntaxe et de la ponctuation (S-P) disponibles se révèlent essentiellement courtes et cloisonnées (Dolz et Schneuwly, 2009; Myhill et Watson, 2014). Il en résulte un enseignement peu efficace pour améliorer la compétence à écrire des élèves (Chartrand, 2009 ; Jaffré, 2014 ; Paolacci et Rossi-Gensane, 2014). Qu’est-il de l’évaluation de cette dimension de l’écriture? Dans le cadre d’une recherche-action-développement (FRQSC-PREL-MEES, 2021-2024) portant sur la coélaboration d’une autoformation numérique en enseignement de la S-P, sept personnes enseignantes ont été accompagnées dans leur classe pendant une période de deux ans par l’équipe de recherche. Elles ont été invitées à s’approprier la séquence didactique issue d’une recherche quasi-expérimentale (Nadeau, Giguère et Fisher, 2020). Au début et au terme de ces deux années, une tâche de correction explicitée (Rondelli, 2010; Van Beveren, Dumortier et Dispy, 2013) leur a été proposée à partir d’un texte d’élève présentant des difficultés variées en S-P afin de décrire l’évolution de leurs savoirs et de leurs pratiques (linguistiques et didactiques au regard de la S-P). Cette communication présentera les résultats issus de l’analyse des traces que les personnes enseignantes ont laissées sur les copies, mise en relation avec l’évolution de leurs savoirs et pratiques, de même qu’une discussion sur l’intérêt et sur les limites de cet instrument méthodologique.
La maîtrise de l’écriture est primordiale pour réussir à l’école et hors d’elle : elle sous-tend plusieurs apprentissages scolaires et facilite l’obtention d’un diplôme ou d’un emploi, permettant ultimement aux citoyens de devenir autonomes et de s’épanouir au sein de la société (Arfé et Dockrell, 2023; Chartrand, 2006). Compétence universelle, écrire permet de partager des idées, d’argumenter, de raconter des histoires ou de communiquer avec ses pairs (Graham et Harris, 2019).
Or, devenir un scripteur compétent ne va pas de soi. En font foi les plus récents taux de réussite aux épreuves ministérielles d’écriture au secondaire, inférieurs à 60 % dans plusieurs régions du Québec (Morasse, 2022). Cette difficulté s’explique sous deux plans. D’une part, écrire serait la tâche la plus exigeante en ressources cognitives (Favart et Olive, 2005), en raison notamment de la gestion en mémoire des différents traitements nécessaires à l’élaboration du contenu, aux choix lexicaux, syntaxiques et orthographiques et à la mise en œuvre de stratégies rédactionnelles (Alarmargot et Chanquoy, 2011; Berninger et Amtmann, 2003; Berninger et Winn, 2006). D’autre part, les élèves n’ont pas tous un rapport positif à l’écriture, ce qui nuit à leur engagement dans cette tâche, et ce rapport se dégrade considérablement lors de la transition primaire-secondaire (MEESR, 2015).
Devant ce constat, il faut interroger le rôle de l’évaluation dans le développement des compétences scripturales des élèves. Pour les milieux scolaires et scientifiques, l’évaluation de l’écriture représente un défi conceptuel et méthodologique (Dockrell et al., 2019), puisqu’elle doit couvrir les nombreux aspects qui l’entourent (Daigle et Berthiaume, 2021). Ce colloque est justement l’occasion d’aborder l’évaluation de l’écriture du préscolaire au secondaire sous deux axes : 1) les pratiques d’évaluation de l’écriture en classe de français; et 2) les pratiques d’évaluation en écriture issues de la recherche actuelle.
Titre du colloque :
Thème du colloque :