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Évaluer le vocabulaire en production écrite des élèves au primaire : enjeux et perspectives de recherche

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Aya Bouebdelli : Université de Montréal

Résumé de la communication

La production d'un texte écrit est une tâche complexe et multidimensionnelle qui requiert divers éléments pour assurer sa qualité, dont le choix lexical. Au Québec, le vocabulaire représente 20 % de la note dans les grilles de correction du ministère de l'Éducation (MÉQ) pour les épreuves d'écriture à la fin des 2e et 3e cycles du primaire. Or, les résultats en apparence encourageants des élèves à ces épreuves ont révélé quelques faits contradictoires. D’une part, d’excellents résultats au critère de vocabulaire. D’autre part, des chercheurs qui admettent que le lexique est peu enseigné au primaire et des enseignants qui se plaignent du déficit lexical des élèves. Cela remet en question la pertinence des descriptions qualitatives sur lesquelles repose l’évaluation du vocabulaire, qui demeurent floues et s’appuient sur des critères vagues comme la variété et la précision. Le vocabulaire est soumis à une appréciation globale contrairement aux autres critères de la langue. De plus, peu d’outils sont disponibles pour accompagner les enseignantes. Face à ces constats, nous réfléchissons dans cette communication à la nécessité d’approfondir les indicateurs prescrits par le MÉQ pour permettre aux enseignants de porter un jugement plus éclairé sur la maîtrise lexicale des élèves en production écrite. Pour cela, nous souhaitons concevoir et mettre à l’essai une grille de correction qui permet aussi de fournir des rétroactions afin d’aider les élèves à améliorer leurs textes.

Résumé du colloque

La maîtrise de l’écriture est primordiale pour réussir à l’école et hors d’elle : elle sous-tend plusieurs apprentissages scolaires et facilite l’obtention d’un diplôme ou d’un emploi, permettant ultimement aux citoyens de devenir autonomes et de s’épanouir au sein de la société (Arfé et Dockrell, 2023; Chartrand, 2006). Compétence universelle, écrire permet de partager des idées, d’argumenter, de raconter des histoires ou de communiquer avec ses pairs (Graham et Harris, 2019).

Or, devenir un scripteur compétent ne va pas de soi. En font foi les plus récents taux de réussite aux épreuves ministérielles d’écriture au secondaire, inférieurs à 60 % dans plusieurs régions du Québec (Morasse, 2022). Cette difficulté s’explique sous deux plans. D’une part, écrire serait la tâche la plus exigeante en ressources cognitives (Favart et Olive, 2005), en raison notamment de la gestion en mémoire des différents traitements nécessaires à l’élaboration du contenu, aux choix lexicaux, syntaxiques et orthographiques et à la mise en œuvre de stratégies rédactionnelles (Alarmargot et Chanquoy, 2011; Berninger et Amtmann, 2003; Berninger et Winn, 2006). D’autre part, les élèves n’ont pas tous un rapport positif à l’écriture, ce qui nuit à leur engagement dans cette tâche, et ce rapport se dégrade considérablement lors de la transition primaire-secondaire (MEESR, 2015).

Devant ce constat, il faut interroger le rôle de l’évaluation dans le développement des compétences scripturales des élèves. Pour les milieux scolaires et scientifiques, l’évaluation de l’écriture représente un défi conceptuel et méthodologique (Dockrell et al., 2019), puisqu’elle doit couvrir les nombreux aspects qui l’entourent (Daigle et Berthiaume, 2021). Ce colloque est justement l’occasion d’aborder l’évaluation de l’écriture du préscolaire au secondaire sous deux axes : 1) les pratiques d’évaluation de l’écriture en classe de français; et 2) les pratiques d’évaluation en écriture issues de la recherche actuelle.

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 13 mai 2024

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