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Rajae Guennouni Hassani : UQAM - Université du Québec à Montréal
L’école et la famille constituent deux univers socialisateurs principaux où s’entrecroisent des référentiels plus ou moins convergents et des attentes souvent contradictoires, structurées autour de valeurs, de normes et de rituels (Guennouni Hassani, 2022). Si la socialisation des adolescent.e.s en contexte d’acculturation a été largement documentée dans les écrits (Alix, 2016; Rouyer et al., 2014), peu d’études ont exploré les incidences de la socialisation familiale et scolaire genrée sur l’expérience socioscolaire des filles et des garçons musulmans.e.s (Guennouni Hassani, 2023). Cette communication s’appuie sur une recherche postdoctorale ayant croisé le regard d’adolescent.e.s musulman.e.s et leurs parents autour de la divergence de l’expérience socioscolaire et les éventuelles ressemblances dans les trajectoires des jeunes musulman.e.s. Plus précisément, la communication vise à mettre en évidence les effets respectifs et conjoints de la socialisation familiale et scolaire genrée sur l’expérience socioscolaire des adolescent.e.s musulman.e.s.
L’école, en tant qu’institution centrale de socialisation, porte en elle des idéaux de culture commune et de citoyenneté collective. Toutefois, elle se présente aussi comme un espace pluriel où se côtoient et se confrontent des identités diversifiées sur les plans social, ethnoculturel, religieux, linguistique, etc. La reconnaissance du potentiel enrichissant de cette diversité n’en exclut pas moins des défis majeurs, notamment dans des contextes où les disparités socioéconomiques exercent une influence palpable sur les ressources et les possibilités éducatives (Delory-Momberger, Mabilon-Bonfils, 2015).
Dès les premières années de scolarisation, l’analyse des pratiques scolaires, des pratiques pédagogiques, des contenus éducatifs et des interactions au sein des établissements scolaires révèle des mécanismes d’altérisation souvent sous-jacents. Ces mécanismes, parfois inhérents aux structures scolaires, contribuent à l’élaboration des identités individuelles et collectives, tout en instaurant des rapports de pouvoir qui peuvent perpétuer des inégalités (Lafortune, 2019; Larochelle, 2021).
Ce colloque se propose d’explorer ces dynamiques et d’interroger la construction de l’altérité et des frontières « eux/nous » en milieu scolaire à partir d’un corpus de recherches réalisées en contexte québécois/canadien, européen (France, Belgique, Suisse) et sud-américain. Nous analysons comment le processus d’altérisation s’exprime dans ces milieux, avec les savoirs transmis, les discours promus, les interactions, les pratiques. Les questions évoquées ci-après guident notre réflexion : Quels sont les marqueurs actuels les plus saillants de cette altérisation? Comment les élèves et leurs familles vivent-ils ces processus? Quelles initiatives mettent en œuvre les institutions en vue de sensibiliser à ces dynamiques, d’ajuster leurs structures et pratiques scolaires pour mieux répondre aux besoins diversifiés des élèves? Quels sont les résultats de ces initiatives?
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