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Former à l’agir écocitoyen par l’étude d’une question territoriale socialement vive : le cas d’une classe de 3e cycle du primaire

PF

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Pierre-Luc Fillion : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières

Résumé de la communication

Les curriculums scolaires de géographie, au Québec comme ailleurs dans le monde, poursuivent la finalité d’outiller les élèves à appréhender des enjeux territoriaux comme l’épuisement des ressources naturelles ou l’étalement urbain, puis à agir sur ceux-ci (Laurin, 2001; Mérenne-Schoumaker, 2019). Dans ce contexte, l’apprentissage du raisonnement géographique, une faculté intellectuelle favorisant une meilleure compréhension du rapport entre les êtres humains et le territoire (Morgan, 2018), apparait comme une contribution importante à la formation citoyenne des élèves. En cohérence avec cette visée curriculaire, nous avons réalisé une étude multicas sur les manifestations du raisonnement géographique des élèves au sujet de questions territoriales socialement vives [QTSV]. Les résultats obtenus dans une classe de 3e cycle du primaire, où les élèves ont pris position sur l’agrandissement d’un site d’enfouissement de déchets à proximité de leur école, témoignent de liens étroits entre le déploiement du raisonnement géographique et la formation d’un agir écocitoyen. Dans cette communication, nous exposerons les retombées de la situation d’enseignement et d’apprentissage vécue par les élèves sur le développement d’une conscience citoyenne et territoriale. En outre, des pistes d’interprétation seront énoncées afin de mieux cerner comment l’ancrage territorial de la QTSV parait jouer un rôle déterminant dans la préparation à l’exercice de la citoyenneté.

Résumé du colloque

Dans le cadre de nos dernières recherches, nous avons développé un modèle transdisciplinaire du pouvoir d’agir en contexte de crise environnementale et climatique (Agundez-Rodriguez, 2022). Son caractère transdisciplinaire implique un niveau élevé d’intégration de l’apprentissage qui se situe au-delà de plusieurs disciplines ainsi que de leurs intersections (Legendre, 2005). En cohérence avec ce principe de transversalité, le modèle intègre des savoirs issus des domaines de l’éducation relative à l’environnement (ERE) et de la pratique du dialogue philosophique (PDP) en communautés de recherche (Lipman, 1980 et 1988; Lago, 2006; Sasseville et Gagnon, 2007; Gagnon et Sasseville, 2011). En lien avec l’ERE, la transdisciplinarité est ainsi présente dans le modèle par le recours à des savoirs environnementaux issus de mouvements sociaux, autochtones et allochtones, et de mouvements communautaires de la société civile. Les habiletés pratiques, l’expérience directe et la transmission orale sur l’environnement et les changements climatiques y sont associées. En ce qui concerne la PDP, l’objectif du modèle est le développement de la pensée critique (associée aux habiletés comme la contextualisation, l’autocorrection et l’argumentation à l’aide de critères) et créative (associée aux habiletés comme l’imagination, la recherche d’alternatives et l’intuition). L’approche de PDP en communautés de recherche favorise ainsi la réflexion sur le monde dans lequel nous vivons (caractérisé par la crise environnementale et climatique) et permet, en même temps, d’imaginer et de construire le monde dans lequel nous voulons vivre (caractérisé par la stabilité environnementale et climatique). Grâce aux présentations des domaines de l’ERE et de la PDP réalisées au sein de ce colloque, nous pourrions explorer le croisement des éléments de notre modèle et son potentiel pour le développement du pouvoir d’agir en contexte de crise environnementale et climatique.

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 13 mai 2024

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