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Marieke Hassell-Crépeau : UQAM - Université du Québec à Montréal
Mobilisant à la fois les études féministes du handicap et les crip studies, cette étude met en lumière les vécus temporels des parents douloureux chroniques en mobilisant, entre autres, le concept de temporalités handicapées (crip time). Ce concept permet de démontrer comment les injustices épistémiques ont un impact sur les temporalités des parents douloureux chroniques.
Six mères et un parent trans non binaire qui ont des douleurs chroniques ont été interviewé.e.s dans le cadre d’entretiens semi-dirigés. Les entretiens ont ensuite fait l’objet d’une analyse thématique sur le logiciel NVivo.
Des injustices épistémiques sont présentes dans les parcours de vie de toustes les participant.e.s à la recherche. Plusieurs mentionnent d’ailleurs que ces injustices ont eu un impact sur leurs temporalités. Ces injustices épistémiques occasionnent des temporalités qui se retrouvent à l’intersection du sexisme et du capacitisme. Plusieurs participant.e.s rencontré.e.s ont d’ailleurs développé des stratégies pour se faire croire plus facilement par leurs proches et les professionnel.le.s de la santé.
En effet, plusieurs concepts développés dans les études crip et féministes du handicap (crip time as disbelief, injonction à la guérison, misfit, etc.) seront présentés, dans un but de démontrer leur pertinence pour étudier les injustices épistémiques vécues par les personnes handicapées et malades.
Ce colloque souhaite orchestrer une réflexion interdisciplinaire sur les injustices épistémiques—réflexion que l’on souhaite aborder sous divers angles (théorique, méthodologique, pratique, empirique). Champ de recherche fort dynamique, cette littérature s’intéresse aux diverses inégalités et injustices liées à l’acquisition, au partage et à la reconnaissance de certains savoirs, et aux liens étroits entre ces inégalités et les rapports de pouvoir. Ces recherchent tentent en outre de saisir comment les préjugés négatifs ambiants (e.g. sexistes, âgistes, capacitistes, sanistes, racistes, classistes) affectent la crédibilité accordée aux savoirs de certains groupes, mais aussi à réfléchir aux moyens de pallier à ces déficits de crédibilité et à la marginalisation. Bien que de nombreux écrits féministes et décoloniaux aient précédemment exploré certaines facettes des phénomènes en question, l’ouvrage phare de Miranda Fricker, Epistemic Injustice (2007), a donné un cadre analytique bien défini au sujet – un cadre repris, critiqué et amendé par plusieurs chercheurs et chercheuses dans la dernière décennie. L’importance et la pertinence de ce corpus est considérable pour les sciences sociales, car il soulève des enjeux complexes sur nos façons de produire et de partager des connaissances. Comment produire celles-ci avec les personnes et les communautés étudiées? Comment bien reconnaître les différentes formes de savoirs? Et comment réfléchir sur les inégalités produites par les nouvelles connaissances ou par certaines méthodologies de recherche?
Titre du colloque :