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Innu metnentemun : La conciliation de la culture, de la langue et de l’identité à l’école innue pour favoriser la fierté identitaire et la réussite éducative des élèves

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Vanessa Ratté : Université de Montréal

Résumé de la communication

« Quand on dit aux enseignants qu’il faut ajouter de la culture à l’école, ils nous répondent qu’ils vont manquer d’heures de cours, qu’ils ne seront pas capables d’enseigner le programme. » (Témoignage d’une directrice d’école innue, 2023)

Mon travail de proximité avec les écoles innues membres de l’Institut Tshakapesh m’expose au quotidien aux tensions paradoxales qui persistent entre l’aspiration d’une authentique offre culturelle à la base de l’enseignement et des apprentissages et la pression de se conformer aux attentes et aux prescriptions du système dominant.

Dans mon poste comme coordonnatrice des services pédagogiques, je me demande comment concilier les savoirs et les perspectives autochtones et occidentaux en pédagogie et en gestion de l’éducation. Par le biais de méthodologies axées sur l’analyse du travail, dont une autoconfrontation simple et l’analyse de l’objet du discours, des résultats préliminaires révèlent que la vision des directions d’école est centrée sur la langue, la culture et l’identité, mais qu’il persiste des injonctions contradictoires à gérer pour arrimer fierté identitaire et réussite éducative.

Cette communication offre un dialogue entre la littérature sur le leadership éducatif en contextes autochtones et les récits de pratique professionnelle. L’importance d’être formée par et aux paradoxes organisationnels est ainsi appuyée pour permettre à la gestionnaire que je suis de naviguer, avec mes collaborateur.rices, dans toute cette complexité.

Résumé du colloque

Ce colloque fait suite au colloque 415, tenu dans le cadre du 90e congrès de l’Acfas. Le modèle classique de la gestion est encore en vigueur dans les services publics : depuis la formalisation de Fayol (1916), on continue de décomposer le processus de gestion en quatre fonctions successives : planifier, organiser, diriger, contrôler. La gestion axée sur les résultats a adapté ce modèle en renommant la dernière fonction par l’évaluation et en proposant un caractère circulaire au processus : il s’agit d’évaluer pour s’améliorer et fixer de nouveaux objectifs, tout en rendant compte au public des résultats atteints et de l’utilisation des ressources. Toutefois, le travail des gestionnaires au quotidien ne suit pas un cours linéaire et cumulatif (Mintzberg, 1973; Tengblad, 2011). Cela n’invalide toutefois pas le modèle classique de gestion, mais confirme l’importance de distinguer le management stratégique (PODC-E) du management opérationnel.

Ce colloque se portera au-devant des réalités quotidiennes des gestionnaires dans les services publics, notamment dans un contexte de complexité accrue et d’injonctions possiblement contradictoires. Le cadre théorique des paradoxes (Schad et al., 2016; Smith et Lewis, 2023) permet d’appréhender cette complexité et de la nommer. Ce colloque organisera la rencontre entre la conception universitaire des paradoxes et les réalités actuelles des gestionnaires dans les services publics (santé, éducation, services municipaux) : comment vivent-ils et gèrent-ils ces paradoxes ? Pour aller au bout du raisonnement, la deuxième journée du colloque sera consacrée à des expériences pédagogiques consistant à travailler avec les paradoxes dans l’enseignement de la gestion : comment accueillir dans les formations professionnalisantes l’expérience de tensions contradictoires, particulièrement importantes pour les cadres intermédiaires dans les services publics, et comment faire se rencontrer cette conceptualisation théorique et le vécu des gestionnaires ?

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 13 mai 2024

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