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Julia Poyet : UQAM - Université du Québec à Montréal
Que ce soit dans le cadre de l’enseignement de « questionner le monde » au cycle 2 des programmes français ou de la compétence du premier cycle en univers social au Québec, les enseignant.e.s sont invité.e.s à proposer à leurs jeunes élèves des activités leur permettant de s’approprier le champ lexical, les outils et « les codes » de l’espace et du temps, mais aussi à construire leurs représentations (conceptualiser) de ces concepts éminents complexes. Par ailleurs, dans les lignes de description des apprentissages de ces curricula -et de façon plus ou moins explicite-, ces apprentissages sont proposés comme des fondamentaux permettant à l’élève de construire son identité citoyenne.
Dans cette communication, nous commencerons par une brève présentation des programmes « questionner le monde » et « univers social » à l’entrée du primaire et du contexte général du projet de recherche en cours et qui nous a conduite dans le Pacifique. Puis, nous décrirons une courte activité mise en place dans 12 classes de Nouvelle-Calédonie et Polynésie française et invitant les élèves de CP/1ère année du primaire à se situer – littéralement – dans l’espace en exprimant leurs motivations de cette situation. Se voir, se faire voir, faire « beau » ? Où les élèves rencontré.e.s ont-ils et elles collé leur silhouette ? Pourquoi ? C’est ce que nous proposons de présenter dans cette communication.
L’enseignement des sciences humaines à l’école vise à développer des habiletés intellectuelles relatives à l’argumentation, à la critique, à la synthèse, à l’analyse de documents, etc. (Lee et Shemilt, 2003). Ces habiletés sont réputées outiller les élèves pour faire face aux problématiques sociales actuelles (Dalongeville, Éthier et Lefrançois, 2022). Cependant, si, d’un côté, les élèves démontrent des capacités à exercer ces habiletés lorsqu’il y a des séquences consacrées à cet effet (Cariou, 2022; Doussot, 2018), d’un autre côté, le personnel enseignant semble privilégier la mémorisation afin d’assurer la transmission de connaissances essentielles (Boutonnet, 2015; Moisan et Saussez, 2019).
Pourtant, la plupart des modèles théoriques sur la pensée historienne ou géographique convergent pour proposer des activités qui mènent les élèves au-delà de la mémorisation. Comment alors favoriser un enseignement critique des sciences humaines? Quels apprentissages sont essentiels? Quels dispositifs d’enseignement permettent de réaliser ces apprentissages? Quelles contraintes pourraient limiter certains apprentissages ou certaines pratiques?
Plusieurs ressources et moyens didactiques peuvent être mobilisés afin de réaliser des apprentissages complexes et durables. Les approches fondées sur la problématisation, la conceptualisation, le débat, l’argumentation, l’usage critique de ressources semblent montrer des effets positifs sur le développement d’habiletés intellectuelles. Mobiliser des savoirs et des habiletés intellectuelles demeure une priorité pour l’école et les programmes, mais dans quelles conditions? Et avec quels moyens? Ce colloque vise à échanger et à proposer des pistes de solution pour favoriser un enseignement critique des sciences humaines tout en considérant les contraintes inhérentes au travail enseignant, mais aussi en posant un regard critique sur les propositions théoriques afin de mieux arrimer les finalités, les apprentissages et les pratiques.
Titre du colloque :