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La conception orale dans les modules des ESLO : du discours médiatique à la conversation

BH

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Badreddine Hamma : Université d'Orléans

Résumé de la communication

Notre but est de traiter de la conception orale (Gadet 1996) dans les ESLO (enquêtes sociolinguistiques d’Orléans)[1]. Les modules de ces corpus s’inscrivent en fait dans un continuum, dont les deux extrémités sont supposées s’opposer. Une première classification représentée par des radars graphiques a déjà été faite par Baude 2016. Elle repose sur le degré de planification, d’interactivité, de distance sociale, de convergence des avis et de formalité du cadre. Il en ressort que les médias oraux sont placés en bas de cette échelle de conception orale, par opposition aux conversations qui sont placées en tête. Ce constat ne repose pas, en réalité, sur une analyse des contenus des ESLO, comme le reconnaît Baude lui-même (2016 op. cit.), mais sur une certaine estimation logique et sur le bon sens. L’examen des données a, en revanche, permis de se rendre compte que certains modules rangés par l’auteur comme des genres formels ont étonnement témoigné d’usages que l’on identifierait volontiers comme relevant d’une conception informelle et très orale. C’est le cas des modules Médias ou aussi Conférences.

[1] http://eslo.huma-num.fr/

Résumé du colloque

Ce colloque aborde les enjeux sociaux liés aux pratiques langagières dans les formats médiatiques oraux associés au divertissement et les relations complexes entre ces derniers et les publics auxquels ils s’adressent. Si la langue de l’information est relativement bien étudiée sous l’angle d’une norme endogène dans des régions de la francophonie telles que le Québec, on ne peut pas en dire autant des formats médiatiques oraux associés au divertissement, qui se caractérisent par une plus grande diversité de pratiques langagières.

D’un côté, on y observe des productions où le poids de la norme prescriptive, souvent associée au français des Parisiens cultivés, continue à se faire sentir. C’est notamment le cas des films doublés où des productions dans un français « normatif » (terme employé par le milieu) sont encore la règle, et ceci dans plusieurs régions de la francophonie, tout en faisant réagir certaines personnes qui souhaitent reconnaître leur propre culture dans ces produits. De l’autre côté, certaines productions semblent laisser libre cours aux pratiques non standardisées, par exemple les émissions de téléréalité, provoquant également des réactions négatives. Ainsi, les pratiques langagières des candidat·e·s de la téléréalité québécoise Occupation double qui s’écartent de la norme prescriptive sont l’objet de vifs discours épilinguistiques dans la sphère médiatique et entraînent chez ces personnes un sentiment de honte, voire d’insécurité linguistique. Quels que soient les choix langagiers des équipes de production, ceux-ci ne sont pas sans conséquences sociales : le choix du français « normatif » suggère que les autres variétés de français n’ont pas leur place dans la sphère médiatique; le recours à un français socialement ou géographiquement plus marqué attire la critique de certains auditoires.

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
section icon Date : 13 mai 2024

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