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Vicky Lafantaisie : Université du Québec en Outaouais
Le rapport préliminaire de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse (CSDEPJ, 2020) souligne que les interventions psychosociales sont insuffisamment axées sur la participation et la collaboration avec les jeunes et les parents et, qu'en ce sens, la formation initiale des intervenant·e·s mérite d'être revue. Les travaux en pédagogie critique révèlent aussi que les pratiques d'enseignement dominantes nuisent au développement des habiletés nécessaires à la mise en place d’interventions soutenant la participation et l’empowerment des familles. L'étude à la base de cette proposition avait pour objectif de représenter la place de l'empowerment dans les cursus en travail social, psychoéducation, criminologie et
psychologie (Lafantaisie et al., [accepté]). Dans cette présentation, nous explorons plus particulièrement le point de vue des étudiant·e·s rencontré·e·s en entretiens individuels et collectifs (N =14) et présenterons les principaux postulats de notre analyse
phénoménologique : 1) un manque de stratégies pédagogiques axées sur l'empowerment (SPE) des étudiant·e·s et des familles; 2) l’influence des SPE sur l'expérience étudiante et la pratique professionnelle future; 3) la discordance entre la pédagogie traditionnelle universitaire et les besoins des étudiant·e·s. Ces témoignages inspirent une transformation holistique de la pédagogie universitaire en regard aux dynamiques de pouvoir, aux stratégies pédagogiques et aux évaluations.
Les interventions auprès des personnes en besoin de protection présentent une grande complexité. Elles impliquent souvent des principes et acteurs sociaux aux positions antithétiques et nécessitent une grande diligence dans les pratiques. Ces interventions touchent, par exemple, la protection de la jeunesse, les situations où l’état de santé mentale porte un risque pour soi-même ou pour autrui, celles où une évaluation de l’inaptitude est jugée nécessaire ou, encore, des situations d’intervention qui impliquent l’accompagnement dans un processus de plainte criminelle. Pour plusieurs, la tendance à la législation des marges de la pratique sociale requiert une réflexion de fond quant à la formation, aux enjeux pédagogiques qu’elle sous-tend et aux connaissances à développer (Bellot, 2020). En conséquence, les milieux de formation sont appelés à renouveler leurs pratiques pédagogiques afin de bien préparer les professionnel·le·s aux constantes mutations de ces réalités complexes et de contribuer aux réflexions éthiques, théoriques ainsi qu’au développement de connaissances entourant la judiciarisation des enjeux sociaux.
Au vu de l’évolution rapide des standards judiciaires de pratique, une discussion convergente réunissant diverses perspectives sur le sujet, dont celles des destinataires, des intervenant·e·s, des formateur·trice·s et des chercheur·e·s, s’avère nécessaire. En réponse à ce besoin, ce colloque porte sur les enjeux de la recherche et de l’enseignement liés à l’intervention sociale en contextes de protection et vise à répondre aux objectifs suivants :
Le colloque porte sur les enjeux de la recherche et de l’enseignement liés à l’intervention sociale en contexte de protection. Ceux-ci pourront être abordés selon les deux volets suivants : 1) les enjeux éthiques, théoriques ainsi que les connaissances pertinentes à l’intervention en contexte de protection; et 2) les initiatives pédagogiques mises en place à la formation des candidats à la profession pour développer des interventions adaptées au contexte de protection.
Titre du colloque :
Thème du colloque :