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Marie Bocquillon : Université de Mons
La mise en œuvre de dispositifs permettant de prévenir les difficultés comportementales est fondamentale pour éviter que les élèves en difficulté comportementale abandonnent l’école (e.g. Charlton et al., 2021 ; Hawken et al., 2009). De tels systèmes favorisent la rétention des enseignants (Dicke et al., 2015 ; Dufour, 2010). Lors de cette communication, nous présenterons le modèle de Soutien au Comportement Positif (SCP, Positive Behavioral Interventions and Supports), un modèle de Réponse à l’Intervention dont l’efficacité sur l’amélioration du climat scolaire, des résultats scolaires, ainsi que sur la réduction des retards, de l’absentéisme, des suspensions et des écarts de conduite majeurs des élèves a été démontrée (e.g. Charlton et al., 2021 ; Pas et al., 2019 ; Smolkowski et al., 2016). Ce modèle, actuellement implanté par notre équipe dans plus de 150 écoles au Québec et quelques écoles pilotes en Belgique francophone, préconise la mise en place d’interventions préventives permettant de prévenir les écarts de conduite, ainsi que des stratégies correctives permettant d’intervenir auprès de ceux qui manifestent des comportements d’inconduite. Nous présenterons plus spécifiquement les stratégies de prévention universelle qui sont proposées au personnel scolaire afin de prévenir les difficultés comportementales. Nous présenterons également les résultats d’une étude portant sur l’effet du SCP dans quatre écoles québécoises.
Les difficultés d’apprentissage et de comportement sont des sources de préoccupation pour le système scolaire étant donné qu’elles sont des facteurs de risque de décrochage scolaire du côté des élèves et d’épuisement professionnel du côté des enseignant·e·s. Les travaux de ces deux dernières décennies montrent qu’il vaut mieux agir en prévention qu’en remédiation de ces difficultés, les interventions précoces étant plus efficaces que les interventions tardives. Pour encadrer la prévention des difficultés d’apprentissage et de comportement, la communauté scientifique a élaboré un modèle d’action appelé « Réponse à l’intervention » (RàI). Ce modèle, qui se répand maintenant dans plusieurs régions du monde, préconise : a) de maximiser la réussite de tou.te.s les élèves en adoptant des pratiques enseignantes dont l’efficacité a été démontrée par la recherche (palier 1); b) de mesurer régulièrement les progrès des élèves en s’appuyant sur des données objectives afin de dispenser sans tarder aux élèves qui en ont besoin des interventions pédagogiques plus intensives (palier 2); et c) de prodiguer aux élèves dont les difficultés persistent des aides plus ciblées et plus personnalisées (palier 3). Des dimensions qui se sont avérées essentielles à la prévention des difficultés scolaires sont donc convoquées, telles que le recours à des données probantes, l’évaluation objective et fréquente des progrès des élèves, et l’intensification graduelle des interventions. Ce modèle ne va toutefois pas sans poser un certain nombre de questions relatives, notamment, à l’utilisation des données probantes ou à l’implémentation des pratiques dites efficaces. Par ailleurs, certain·e·s auteur.rice.s préfèrent mettre en avant d’autres pistes de prévention, telles que le coenseignement ou l’observation directe en classe, dans une optique considérée comme plus inclusive. Les conférences de ce symposium abordent ces différents aspects de la prévention des difficultés scolaires.
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