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Olivier Francomme : Université de Picardie Jules-Verne
Il n’y a pas d’alternative pédagogique sans pédagogue, et pas de processus alternatif sans leur trans-formation. C’est là que se révèle l’échec de la formation initiale des enseignants qui, dans sa conception, demeure transmissive du passé, reproductive.
L’objet principal des mouvements alternatifs est bien constitué par cette nécessaire formation tout au long de la vie, évitant l’effet Mülhlman, celui de l’institutionnalisation/dégradation de la révolution pédagogique. La formation constitue le premier invariant des mouvements pédagogiques alternatifs : celui de la dynamique, de l’actualisation permanente de la pensée éducative. C’est ainsi que nombre de mouvements pédagogiques fournissent une offre de formation assez considérable. Elle constitue le sceau de l’expertise.
Comment s’effectue cette formation constituera sans doute un second invariant, lié au premier, qui place les mouvements alternatifs dans l’ébullition permanente de la recherche. Celle-ci constitue le seul lieu et moment du cheminement de la pensée : C. Freinet, dès 1954, se positionne lui-même et son mouvement : « Nous sommes des scientifiques de la permanente recherche et de l’inlassable expérimentation. Nous partons sans aucun parti pris sinon celui d’essayer de voir clair et d’agir rationnellement. »
Cette communication permettra de montrer des formes singulières et spécifiques de la formation, par la recherche, dans le mouvement coopératif, et au-delà !
Le colloque vise à organiser la rencontre entre des chercheur·ses et des professionnel·les qui, d’une part, sont engagés dans des pratiques pédagogiques alternatives (à tous les niveaux d’enseignement), et qui, d’autre part, analysent et formalisent ces pratiques. Nous abordons la question des « invariants » des pédagogies alternatives.
Nous considérons qu’il y a pédagogie « alternative » ou « différente » (Viaud, 2005; Reuter, 2021; Hugon, Robbes et Viaud, 2021) dès lors que des praticien·nes s’engagent dans une entreprise de renouvellement et/ou de transformation plus ou moins importante de la forme scolaire (Vincent, 1994; Vincent et al., 2012), en matière de pratiques, de visées, de cadre de référence.
Wagnon (2019) estime toutefois qu’il n’y a pas une seule, mais une « nébuleuse » de pédagogies alternatives. Ce colloque vise à provoquer la réflexion sur les traits récurrents de ces pédagogies dans leur diversité : quels sont leurs « invariants »?
Ces invariants ne se limitent pas aux pratiques, aux techniques, aux méthodes pédagogiques et aux principes fondamentaux ou d’action qui les sous-tendent. Nous considérons deux autres dimensions : 1) leurs effets sur les formateurs comme sur les formés (les apprentissages opérés, les transformations produites chez les sujets, au sein des collectifs, peut-être dans la société); et 2) les processus à l’œuvre dans ces pratiques (dans les modalités de travail du pédagogue ou de l’équipe de pédagogues, dans les conditions d’élaboration et de transformation des dispositifs, dans les processus transformateurs au sein de tels environnements pédagogiques).
Ce colloque réunit à la fois des scientifiques de 10 universités (7 d’Europe, 2 du Québec, 1 du Brésil) et des praticiens, partant du principe que ceux-ci peuvent théoriser leurs expériences et en dégager des principes participant d’un savoir pédagogique (Fabre, 2002) qui peut être partagé au sein de la communauté scientifique.
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