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Natalie M. Fletcher : Université de Montréal
Cette présentation, divisée en deux parties, sera motivée par la question : Comment les jeunes peuvent-ils·elles développer leur agentivité écologique? Dans la première partie, l’enjeu de la sous-estimation de la jeunesse sera présenté à deux niveaux: 1) la sous-estimation des capacités des jeunes pour penser et agir de façon complexe; 2) la sous-estimation du point de vue des jeunes en raison de leur âge. Dans les deux cas, cet enjeu ne rend pas justice à ce que les jeunes peuvent accomplir en tant que citoyen·ne·s émergent·e·s et à leur capacité de contribuer à la justice écologique. Cette sous-estimation des jeunes citoyens semble d’autant plus problématique si l’on considère leur privilège épistémique d’avoir grandi avec les crises écologiques au premier plan des préoccupations sociétales. Sans cette reconnaissance épistémique, les connaissances des jeunes restent sous-valorisées et sous-utilisées, de sorte qu’ils·elles manquent des occasions de développer les aptitudes de réflexion nécessaires pour contribuer de manière significative au dialogue public sur la justice écologique, et de développer leurs capacités et leurs points de vue en conséquence. La deuxième partie de la présentation fournira des exemples illustratifs de cas de jeunes engagé·e·s dans une pratique soutenue de dialogue philosophique autour de questions de justice écologique, encadrée par l’organisme caritatif Brila.
Dans le cadre de nos dernières recherches, nous avons développé un modèle transdisciplinaire du pouvoir d’agir en contexte de crise environnementale et climatique (Agundez-Rodriguez, 2022). Son caractère transdisciplinaire implique un niveau élevé d’intégration de l’apprentissage qui se situe au-delà de plusieurs disciplines ainsi que de leurs intersections (Legendre, 2005). En cohérence avec ce principe de transversalité, le modèle intègre des savoirs issus des domaines de l’éducation relative à l’environnement (ERE) et de la pratique du dialogue philosophique (PDP) en communautés de recherche (Lipman, 1980 et 1988; Lago, 2006; Sasseville et Gagnon, 2007; Gagnon et Sasseville, 2011). En lien avec l’ERE, la transdisciplinarité est ainsi présente dans le modèle par le recours à des savoirs environnementaux issus de mouvements sociaux, autochtones et allochtones, et de mouvements communautaires de la société civile. Les habiletés pratiques, l’expérience directe et la transmission orale sur l’environnement et les changements climatiques y sont associées. En ce qui concerne la PDP, l’objectif du modèle est le développement de la pensée critique (associée aux habiletés comme la contextualisation, l’autocorrection et l’argumentation à l’aide de critères) et créative (associée aux habiletés comme l’imagination, la recherche d’alternatives et l’intuition). L’approche de PDP en communautés de recherche favorise ainsi la réflexion sur le monde dans lequel nous vivons (caractérisé par la crise environnementale et climatique) et permet, en même temps, d’imaginer et de construire le monde dans lequel nous voulons vivre (caractérisé par la stabilité environnementale et climatique). Grâce aux présentations des domaines de l’ERE et de la PDP réalisées au sein de ce colloque, nous pourrions explorer le croisement des éléments de notre modèle et son potentiel pour le développement du pouvoir d’agir en contexte de crise environnementale et climatique.
Titre du colloque :