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Caroline Proulx : Université de Montréal
Les recherches portant sur les pratiques d’enseignement du lexique démontrent qu’un temps limité est accordé à l’enseignement lexical (Scott et al., 2003), que les modalités d’enseignement sont peu variées (Anctil et al., 2018 ; Dreyfus, 2014) et que les enseignants manifestent des besoins de formation en matière d’enseignement lexical (Anctil, 2010 ; Tremblay, 2009). Or, plusieurs recherches empiriques ont démontré la pertinence de recourir à la littérature jeunesse comme levier au développement de la compétence lexicale (Sauvageau, 2023 ; Gagnon, 2019).
Afin de répondre au besoin de formation des enseignants et de proposer un enseignement plus intégré du lexique, nous avons développé un outil d’autoformation proposant des activités pour développer la compétence lexicale à partir de la littérature jeunesse (Proulx, 2023). Lors du processus d’élaboration, l’outil a été soumis à une mise à l’essai fonctionnelle auprès de huit experts en didactique du français et à une mise à l’essai empirique auprès de 16 utilisateurs cibles (enseignants, orthopédagogues, conseillers pédagogiques). Cette présentation vise à présenter les résultats des différentes mises à l’essai ainsi que la façon dont l’articulation littérature jeunesse et travail sur la langue est opérationnalisée dans l’outil développé.
Les livres jeunesse revêtent plusieurs rôles pour les enfants qui les lisent, et le milieu scolaire s’avère un terreau fertile pour les explorer (Giasson, 2000). Selon Nikolajeva (2014), les livres jeunesse contribuent à développer la connaissance du monde, la connaissance de soi et la connaissance de l’autre. Certains s’intéressent à ces différents axes de la connaissance par le truchement des livres jeunesse. Par exemple, quant à la connaissance du monde, cela peut être par le recours aux livres jeunesse pour initier des élèves de premier cycle à des concepts abstraits comme le temps, l’espace et les sociétés (Boulet, 2022) ou pour développer leur vocabulaire (Cuerrier, 2019). Pour ce qui est du recours aux livres jeunesse pour connaître une réalité semblable à la sienne ou différente, cela peut se traduire par des études de cas où il y a une mise en scène de fratries composées de personnages vivant avec un handicap (Joselin et Dayan, 2022) ou de personnages vivant un deuil (Henky, 2022). Ces brefs exemples montrent bien l’étendue des sujets quant aux connaissances que les livres jeunesse peuvent apporter aux lectrices et aux lecteurs. Outre ces apprentissages variés, les livres jeunesse contribuent également à la réflexion, pensons simplement au potentiel à philosopher avec les enfants grâce aux livres jeunesse (Chirouter, 2008, 2015). Sur le plan de l’émotion, certains considèrent les livres jeunesse utiles pour développer l’empathie fictionnelle (Larrivé, 2014, 2015), alors que d’autres s’intéressent aux émotions telles que véhiculées par les personnages (Bowen, 2022; Dionne, 2020). Compte tenu de cette diversité des rôles des livres jeunesse, il paraît essentiel de continuer à les explorer pour faire avancer les connaissances.
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