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L'audibilité queer, les jeunes Québécois et le mimétisme musical.

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Claire Gray : The University of Edinburgh

Résumé de la communication

Comme le note Johnathan Sterne, bien souvent les études audiovisuelles se concentrent sur les représentations visuelles et physiques de la marginalité, mais pas assez sur les voix réelles qui se cachent derrière ces images (2012, p. 12). Si l'étude de la représentation visuelle de la communauté 2SLGBTQ+ au cinéma est importante, je propose de l'étendre au domaine de l'audibilité queer. Cette présentation étudiera ainsi comment les films québécois contemporains sur le passage à l'âge adulte représentent la façon dont l'identité queer est découverte à travers le mimétisme musical. Plus précisément, il s'agira d'observer comment les jeunes personnages chantent au son de la musique et, en copiant les paroles des icônes queer, créent un espace dans lequel leur marginalisation se dissipe temporairement et où ils peuvent exprimer vocalement leur sexualité, même s'ils ne peuvent pas la montrer visuellement. Parmi les exemples de films à l'étude, citons l'utilisation de David Bowie dans C.R.A.Z.Y. (Vallée, 2005) de la musique de Céline Dion dans Mommy (Dolan, 2014) et des pistes électroniques de François Guy et de l'auteur-compositeur-interprète Graciellita dans Sarah préfère la course (Robichaud, 2013). Afin d'explorer ce thème du mimétisme et de la découverte queer, cette présentation utilisera la théorie de J. Halberstam sur la sous-culture musicale queer (1993; 2003), ainsi que la théorie de Doris Leibetseder (2016) sur le mimétisme queer subversif dans l'écoute de la musique.

Résumé du colloque

Ce colloque prend comme perspective les géographies queers dont l’un des objectifs est de souligner certaines des expériences des communautés queers au sein de ces espaces. En effet, selon E. Cram (2019) les géographies queers soulignent à la fois comment « les subjectivités queers ne sont pas extérieures, mais au contraire placées dans des environnements particuliers, des migrations transfrontalières et des flux diasporiques ».

Déstabilisant la dichotomie ville pro-queer vs. campagne anti-queer, les géographies queers peuvent en effet inclure des espaces « [urbains] et [suburbains], des espaces commémoratifs, ainsi que des géographies rurales… elles doivent [aussi] également inclure les lieux intermédiaires, ou les espaces transitoires sur la route » (E. Cram, 2019). Ainsi, il est possible de penser les espaces en-dehors de l’opposition réductrice entre métronormativité et ruralité anti-queer : J. Halberstam (2020), par exemple, tisse des liens entre la nature en tant qu’espace imprévisible et la queerness tandis que l’anti-urbanisme queer de S. Herring (2010) critique vivement le mythe de la métronormativité comme seul mode de vie.

Partant de l’année de sortie de Brokeback Mountain (Ang Lee, 2005), jalon incontournable mais ambivalent de la représentation de personnages queer dans un contexte rural et réfractaire à toute différence sexuelle (Bastanmehr, 2015), l’objectif de ce colloque est d’explorer un corpus grandissant de films non-métronormativitifs et mettant à mal l’idée d’une ruralité anti-queer et de milieux urbains pro-queer. Ce colloque sera l’occasion de mettre en dialogue différentes approches théoriques (queer, postcoloniale, par exemple) et la géographie queer, et d’ainsi favoriser des lectures intersectionnelles originales d’œuvres cinématographiques peu discutées jusqu’à présent.

Contexte

section icon Thème du congrès 2024 (91e édition) :
Mobiliser les savoirs en français
Discutant-e- de la session : Mercédès Baillargeon Claire Gray
section icon Date : 13 mai 2024

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