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Philippe Tremblay : Université Laval
Le coenseignement inclusif est considéré comme le modèle de service le plus pertinent (Murawski, 2003, Tremblay, 2012 ; 2023) et le plus efficace (Murawski et Swanson, 2001 ; King-Sears, Stefanidis et Strogilos, 2021) pour opérationnaliser l’école inclusive. Permettant une différenciation et une intervention a priori, in situ et a posteriori des difficultés des élèves (Tremblay, 2015), le coenseignement constitue un changement de paradigme quant à la scolarisation des élèves en difficulté, mais également de l’ensemble des élèves en remettant fondamentalement en question la forme scolaire classique. Il s’agit de centrer l’enseignement et l’intervention non pas sur les élèves en difficulté, mais plutôt sur les difficultés des élèves et celles des enseignants. Le coenseignement permet ainsi d’améliorer la qualité de l’enseignement offert à tous les élèves en re-médiant les objets d’apprentissages tout en permettant des interventions plus intensives et ciblées aux élèves ayant des difficultés d’apprentissage au sein même de la classe. Toutefois, neuf conditions (Friend et Cook, 2013 ; Scruggs, Mastropieri et McDuffie, 2007 ; Tremblay, 2023a, 2023b) doivent être prises en compte pour que le coenseignement inclusif puisse être implémenté de manière pérenne et efficace.
Les difficultés d’apprentissage et de comportement sont des sources de préoccupation pour le système scolaire étant donné qu’elles sont des facteurs de risque de décrochage scolaire du côté des élèves et d’épuisement professionnel du côté des enseignant·e·s. Les travaux de ces deux dernières décennies montrent qu’il vaut mieux agir en prévention qu’en remédiation de ces difficultés, les interventions précoces étant plus efficaces que les interventions tardives. Pour encadrer la prévention des difficultés d’apprentissage et de comportement, la communauté scientifique a élaboré un modèle d’action appelé « Réponse à l’intervention » (RàI). Ce modèle, qui se répand maintenant dans plusieurs régions du monde, préconise : a) de maximiser la réussite de tou.te.s les élèves en adoptant des pratiques enseignantes dont l’efficacité a été démontrée par la recherche (palier 1); b) de mesurer régulièrement les progrès des élèves en s’appuyant sur des données objectives afin de dispenser sans tarder aux élèves qui en ont besoin des interventions pédagogiques plus intensives (palier 2); et c) de prodiguer aux élèves dont les difficultés persistent des aides plus ciblées et plus personnalisées (palier 3). Des dimensions qui se sont avérées essentielles à la prévention des difficultés scolaires sont donc convoquées, telles que le recours à des données probantes, l’évaluation objective et fréquente des progrès des élèves, et l’intensification graduelle des interventions. Ce modèle ne va toutefois pas sans poser un certain nombre de questions relatives, notamment, à l’utilisation des données probantes ou à l’implémentation des pratiques dites efficaces. Par ailleurs, certain·e·s auteur.rice.s préfèrent mettre en avant d’autres pistes de prévention, telles que le coenseignement ou l’observation directe en classe, dans une optique considérée comme plus inclusive. Les conférences de ce symposium abordent ces différents aspects de la prévention des difficultés scolaires.
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